‹ La Bourse, comédie en cinq actes, en verseChapitre 40 sur 97 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Yoilà de tout soldat Thistoire monotone.

C'est ainsi qa*Othelio captivait Desdémone ; Mais je ne suis pas lui, — ni vous, elle.

CAMILLE, affeotant de tir:

Non pas; Je ne veux point mourir entre deux matelas.

— Vous servîtes longtemps ?

RBYNOLD.

Six ans. C'est quelque chose..

Je vous laissais enfant. — Quelle métamorphose I Je retrouve une femme.

Où fûtes- vous blessé?

RETNOLD.

Dans une razzia ; j'eus le corps traversé D'une balle.

CAMILLE

Âh I grand Dieu I

RETNOLD.

« Je guéris par miracle;

Ce fut à ma carrière un invincible obstacle : La marche m'oppressait, et je ne fus plus bon Qu'à diriger en paix des mines de charbon.

CAMILLE

Vous en tirez du moins un fruit très- légitime : Le bien-être, entouré de la publique estimg.

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Mais j'en jouis tout seul, ma cousine, et je voi Qu'on ne le voudrait pas partager avec moi.

CAMILLE

Mais si ; vous trouverez une fille bien née ,

Fière de s'attacher à votre destinée;

Et je me promets bien la prochaine douceur

D'embrasser ma cousine et d'en faire ma sœur. «

RETNOLD , abattu par eei d«niièr« paroles.

Non, je vieillirai seul.

CAMILLE

Et pourquoi ? — J'en suis sûre, Votre femme serait heureuse.

RETNOLD.

Ohljelejure.

J'en prends, devant le cieL, l'engagement sacré. Moi , trahir une enfant dont le sort m'est livré I Ah I cette lâcheté n'entre pas dans mon âme.

Je sens là des trésors d'amour pour une femme. — Mais, bah I La fleur sauvage embaume les déserts ; La perle est enfouie au plus profond des mers ; Nulle vierge jamais ne mettrsT pour sa fête Ni la fleur à son sein, ni la perle à sa tète; Et moi , qui cache un cœur d'amour tout parfumé , Je suis fait pour aimer et n'être pas aimé.

CAMILLE, arec intérêt.

Ne parlez pas ainsi.

REYNOLD, m leraat, et g'animant de pins en plue* •

Les femmes sont étranges I D*esprit et de sottise incroyables mélanges I L'imbécile et le fat leur semblent accomplis ; Toujours les moins aimants sont les mieux accueillis ; S'il est un fol amour, que suivront les mécomptes , A courir au-devant vous les trouverez promptes ; Mais après tes aveux d'un homme bien épris , Elles feront semblant de n'avoir pas compris. .

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