SCÈNE IV
Les Mêmes, DES OUVRIERS.
t|N OUVRIER, eo tAte de ses camarades, portant un bouquet qu'il cache derrière lui.
Monsieur, excusez -nous. On nous a fait savoir
Que votre fiancée arriverait ce soir;
Et, nous sentant déjà de l'amitié pour elle,
Nous apportons ces fleurs à cette demoiselle.
Il montre le bouquet > et l'olfire à Rejnold.
— Dame! on ne trouve pas chez nous des élégants.
Et nos doigts sont trop gros pour entrer dans des gants ; Peut-être qu'en touchant à leurs blanches toilettes, Notre main a noirci ces petites coquettes ; Mais les fleurs, m'est avis, ne sentent pas moins bon, Quand môme sur leur robe elles ont du charbon.
— C'est comme nous, Monsieur; par-dessous la poussière Le cœur est bon, encor que la main soit grossière.
R E Y:N O L D , serrant la main k l'ourrier.
Mes chers amis, sachez que la main d'un mineur A tout ce qu'elle touche est un insigne honneur. Vos fleurs ont un parfum que n'auraient point les autres; Le souffle du travail a passé sur les vôtres.
— Merci pour ma cousine, et moi-même.
Les oarriers sortent.