ACTE V
Qui, de leurs rudes mains, vous présentent ces fleurs.
M. BERNARD
yofOoSf que ferons -nous avant Fheure où Ton dîne?
REYNOLD
Vous plairait -il, Monsieur, de visiter la mine?
M. BERNARD
Non I non I II faut descendre au fond d'un vilain trou ; C'est un plaisir, cousin, à se casser lé cou. Moi, j'aime le grand air et la rase campagne.
REYNOLD
Voulez -VOUS un fusil, et qu'on vous accompagne?
M. BERNARD
Oui.
Reynold sonne.
JULIE, à M. Bernard.
Menez -moi d'abord dans mes appartements, Monsieur Bernard ; — laissons causer nos deux amants.
REYNOLD, à M. Bernard.
Bonne chasse !
M. BERNARD, à Reynold.
Avant-hier, mon cbien était en quête; Moi, j'étais éloigné. Quand je vois qu'il arrête...
JULIE , lui faisant la révérence.
Monsieur Bernard, j'attends.
M. BERNARD
C'est bien; j'y vais.
A Raynold.
Je dis :
Boni sur le bord d'un bois, c'est un vol de perdrix.
JULIE , fjBÙsant encore la rëTërence.
J'attends, monsieur Bernard.
M. BERNARD
Bien, bien. —Près d'un genièvre, J*arrive; Mylord pousse; — il en sort un gros lièvre. Je fus si stupéfait, qu'il était à cent pas, Quand...
JULIE
Ce que c'est pourtant que changer de climats I Vous étiez à Paris, préoccupé, morose, Et quand vous me parliez , vous songiez autre chose ; Enfin, vous n'étiez plus courtois, mais plus du tout. Ici, cela vous est revenu tout d'un coup; Vous avez retrouvé cette galanterie Qui rappelle les temps de la chevalerie , Cette grâce française, et cette urbanité...
M. BERNARD
N'est-ce pas? J'eus toujours ce renom.
JULIE, faisant la réréarenM,
Ménté.
M. BERNARD, frappant sur l'ëpaule de Rejnold.
Parbleu I Je suis content de te donner ma fiHe, Cousin I C'est le travail qui garde la famille. Fuis la Bourse, entends- tu I — Ma fille t'a choisi ; Mais j'ai, par la sambleul mes volontés aussi. J'aurais dit non, morbleu I— car c'est moi qui gouverne ;— Si ton pied eût jamais touché cette caverne.
REYNOLD
Soyez sans crainte.
JULIE, impatientée.
Eh bien I
M. BERNARD, très-galamment^ en lui donnant le bras.
Belle dame !
11 sort arec elle.