‹ La Bourse, comédie en cinq actes, en verseChapitre 90 sur 97 · REYNOLD, CAMILLE · texte numérisé non relu

REYNOLD, CAMILLE

CAMILLE

Vous nâe voyez, Reynold, fidèle à ma parole.

REYNOLD

Cette fidélité m'enchante — et me désole , Cousine; je voudrais devoir un tel bonheur Moins à votre parole , et plus à votre cœur.

CAMILLE

Librement, de plein gré, j'unis mon sort au vôtre;

Que voulez -vous de plus?

RETNOLD.

Ah ( ce qu'avait un autre.

— Pardonnez I Je ne sais ce que je dis; j'ai tort. Quand vous êtes à moi, puis -je accuser mon sort? Mais faire battre un cœur d'une trempe si rare , C'est une ambition qui m'emporte et m'égare.

Je vous offre, Reynold, ce qui dépend de moi : Ma sincère amitié, mon estime et ma foi.

Je vous aurais trompé, vous offrant davantage, Et vous avez paru content de ce partage.

J'ai promis, n'est-ce pas, que si ce malheureux Trouvait en vous Tappui d'un frère généreux , Et que si vous l'aidiez à remonter l'abtme , Pour rentrer dans la voie honnête et légitime , Dès que je le verrais en ce meilleur chemin , Je paîrais vos efforts par le don de ma main.

REYNOLD

C'est vrai.

CAMILLE

Je vous ai dit quelle était ma faiblesse , Et qu'en vain ma raison combattait ma tendresse.

— Ah I souvenir profond des premières amours I On a beau le chasser , il reparaît toujours.

— Mais de ses sentiments si l'on n'est pas le maître , Des actions du moins on peut et l'on doit l'être ;

J'ai promis d'employer toute ma volonté

A vaincre ce penchant , contraire à ma fierté ,

Et que, quoi qu'il en fût, vous liriez dans mon âme,

Et ne rougiriez pas, Reynold, de votre femme.

REYNOLD

Oui , tel est le discours que vous m'avez tenu.

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