‹ La bourse et la vie [microforme]Chapitre 121 sur 153 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

comme premier salut la bénédiction du représentant de Jésus-Christ sur la terre. Déjà plusieurs membres du clergé étaient rendus sur les lieux: ils étaient arrivés la veille et l’avant-veille, deux par deux, dans des voitures séparées : ils voulaient préparer dignement les voies au premier Pasteur. On eût dit qu'ils en avaient la mission spéciale et qu'ils voulaient vérifier de nouveau le ÆZisit illos binos ante faciem suam. De fait, leur présence rehaussa de beaucoup l'éclat des cérémonies, et ce nombreux clergé, cette multitude de fidèles accourus de tous les points, présentaient un imposant coup-d’œil. Une humble adresse lui ayant été faite et présentée par M. Joseph Champoux de St-Zénon, Monseigneur prit occasion de féliciter la paroisse du progrès qui s’y était accompli depuis s1 première visite. Il remarquait aujourd’hui des centaines de personnes à la place des vingt ou trente qu’il y avait rencontrées la première fois. Il espérait que le progrès matériel qui s'était accompli en peu d'années présageait l’avancement religieux et moral qu’il venait constater, encourager et bénir. La colonisation est une œuvre de salut sous les deux rapports spirituel et temporel, voilà pourquoi il est heureux de venir fortifier les colons dans leurs résolutions, et il demandera instamment à l’Esprit-Saint qu’il vient aujourd’hui communiquer à leurs enfants, la grâce de les faire tous persévérer dans les bonnes voies de sanctification et de prospérité matérielle qu’ils ont choisies.

La cérémonie de la éonfirmation a lieu vers deux

heures, puis la visite de la chapelle, des ornements nécessaires au culte, enfin ge tout ce qui appaïtient à la mission. Le tout se termine par une de ces instructions de circonstance que Sa Grandeur sait trouver dans le secret de son cœur, et qu'Elle applique toujours avec tant d'habileté, de sagesse et généralement de si heureux résultats, Il y avait eu vingt-deux personnes confirmées.

Le départ pour St-Michel-des Saints devait se faire à quatre heures. Déjà quelques voitures étaient venues de l'avant dans la prévision qu’elles pourraient être utiles, et vraiment ce fut une bonne idée de la part des propriétaires et du missionnaire, car l'affluence des v'siteurs nécessitait ce surcroît de voitures. Nous partîmes donc en assez grand nombre pour St-Michel-dés-Saints. Jamais promenade en 4arouche dans les montagnes ‘ne fut plus agréable, Monsieur le curé Mondor avait l'honneur de conduire Monseigneur et par conséquent de battre la marche. Il le fitavec une rare prudence, redoutant sans doute les secousses, les contre-coups d’une voiture dont le cheval est au trot. Chacun eut le temps d'examiner à loisir la beauté du paysage, l'apparence des moissons, la qualité desterres, etc. Par interval-

les même, on put vérifier, sur la lecture qui s'en fai-

sait à haute voix, l'exactitude des renseignements donnés dans un manuscrit sur la colonisation de ce lieux. La marche d'un bout à l’autre fut donc grave solennelle et d’une lenteur majestueuse. Ce qui n’empêcha pas d'arriver assez tôt" néanmoins pour faire

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