CHAPITRE XII
pas succombé sous le fardeau. L'amour de sa chère colonie, l'intérêt qu'il lui 4 toujours porté, ont été sa force. Dans vingt ans d'ici, pense encore M. Brassard, que se passera-t-il sur les rives de la Mantawa ? Alors, il est permis de l’espérer, il n'y aura pas une ou deux paroisses à visiter, mais plusieurs ; on y arrivera en quelques heures par un chemin de fer ; de grandes industries y seront développées, grâce aux nombreux et puissants pouvoirs d’eau disséminés dans toute cette région ; les mines et les carrières y seront exploitées, l’agriculture y sera prospère. Alors et pour toujours nous aurons acquis à notre peuple un terrain prop'ce et favorable où des jours fortunés récompenseront son labeur. Voilà ce que pense M. Brassard.
Telle est aussi l'espérance que tous ceux qui connaissent la A/anfavaïsie entretiennent sur l'avenir de cette partie du pays.
Monseigneur sut encourager les colons qui étaient
rendus sur les lieux, et les pria de faire connaître à
leurs amis qui ont besoin d'établir quelques membres de leurs familles, les avantages et les succès qui les attendent sur le sol qu'il foulait en ce moment de ses pieds, où l'on avait fait tant de sacrifices et où la main de Dieu, 1l n’en doutait pas, allait distribuer de nouvelles et abondantes bénédictions.
La confirmation fut donnée le lendemain à une soixantaine de personnes. Ce fut aussi ce jour-là qu'après les cérémonies religieuses, Monseigneur alla rendre visite à M. Brassard dans son manoir du
mont Roberval. C’est sur cette colline et aux alentours de ce monticule que les premiers défrichements ont été faits, que les premières sueurs ont été versées, que la colonie a pris naïssanre enfin. On visite toujours ces lieux avec intérêt. Sa Grandeur, pendant le court séjour qu’elle fit à Mantawa, recueillit toutes les informations désirables. Elle en revint avec une impression visiblement favorable, et ce passage du premier Pasteur du Diocèse ne pourra, j'en suis sûr, que servir hautement les intérêts de la religion et de la colonisation. Perfransiit benefaciendo.