‹ La bourse et la vie [microforme]Chapitre 129 sur 153 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

avons montré en outre le dévouement du vénérable vieillard qui a fondé une colonie dans ces parages, nous avons dit ce que M. Brassard a entrepris sur les rives de la Mantawa, nous avons fait voir l’énergie qu’il a déployée dans ces grands et difficiles travaux, le zèle qui l’a toujours animé, la persévérance qui l'a conduit au succès. Nous avons aussi montré les démarches, les explorations, les entreprises que nous y avons faites nous-même et qui ont réussi dans la même proportion. Nous avons montré les beaux succès d’un grand nombre de colons. Or toutes ces choses sont autant de sujets, de faits qui, bien développés et bien connus, ne peuvent qu'encourager la colonisation de ces lieux.

Il est des spectacles qui peuvent passer inaperçus devant nous ; beaucoup de choses en ce monde nous trouvent tièdes et indifférents. Il n’en est pas ainsi d’un noble dévouement, d’une énergique entre prise de bien public dont on connaît l’heureuse issue ; notre impartialité se fait jour à travers une insensibilité apparente, nous applaudissons même, et lorsque nous en sommes rendus à ce degré d’approbation, nous sommes tout près de l’imitation.

Nous avons donc confiance que l’on regardera avec bienveillance et quelque intérêt même aux ren- . seignements qui sont contenus dans cette brochure, aux informations, aux faits, aux exemples qui y sont

donnés en détail et avec une parfaite exactitude. Nous sommes convaincu qu'après avoir pris COnnaissance de toutes ces choses, l’on sera plus disposé à

favoriser la Mantawa d’une attention sérieuse d’abord, et ensuite d’une action prompte, généreuse, efficace, qui sera le salut de nos colons et l'avenir de leurs familles.” Et c'est ainsi que cette œuvre deviendra un bien réel et solide à celui qui l'aura accomplie. Et puis, n'est-ce pas une attestation universelle, toutes les fois que l’on bannit de son âme l'étroit égoïsme où que l’on surmonte une répugnance personnelle afin d'accomplir un devoir, n'y a-t1l pas comme une sensation divine qui coule dans l’âme ? Le cœur n'est-il pas plus content, le front plus serein, la gaieté plus naïve? Emotions saintes et sublimes, elles planent au-dessus de la terre, c'est la récompense de la vertu, Un philosophe païen, Sénèque, ne s'y est pas mépris : « Dans le sein de l’homme vertueux, dit-il, je ne sais quel Dieu, mais il habite un Dieu. »

Quel est celui qui ne regarde pas au futur succès d'une nouvelle position, à la somme de bonheur qu'il va recueillir dans telle où telle occupation, à la jouissance indéfinie qu'il en espère ? Il y a longtemps, je suppose, qu'il réfléchit sur le parti qu'il va prendre, 1] a tout calculé, tout comparé, tout prévu. D'’émouvantes pensées accompagnent son projet définitif. Une résolution absolue, une détermination irrévocable le fixe avec solidité dans sa nouvelle carrière. Sous de telles circonstances, s’il a tant soit peu d’énergie, s'il est persévérant, 1l est sûr de réussir admirablement. Et disons-le avec certitude, appuyé sur

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