CHAPITRE VIl
arrive la décharge de deux grands lacs qui sont à quelque distance en profondeur. Le premier est étroit mais très-long, on dirait qu'il est barré au milieu par deux langues de terre très-rapprochées l’une de l'autre, et qui semblent se croiser de quelques pieds ; on le nomme le lac des Pointes, à cause des longues franges dont ses rives sont dentelées. A l'extrémité sud de ce lac, il y a un très-court portage qui mène au lac Ignace. Celui-ci paraît entouré de terres remarquablement fertiles. Sur la droite, mais à une bonne distance, une large colline couverte de bois francs court dans la direction des deux lacs que je viens de nommer ; elle part de la Mantawa sur le même niveau que la rive opposée, se soulève graduellement à mesure qu’elle s’en éloigne, puis elle va se rattacher au groupe de la chaîne des Laurentides dont elle se trouve ainsi l’un des puissants contreforts. De quelque côté que l'on regarde, à peu d’exceptions près, ce n’est partout qu’une plaine verte et riante qui semble étonnée de se voir encore sans habitants. En foulant du pied ces belles terres qui ont été si longtemps inexplorées mais qui commencent à être connues maintenant d’un grand nombre de personnes, l’on est saisi malgré soi d’un sentiment de peine de ce que tant de bras robustes et vigoureux, désertant ces lieux enchanteurs, refusent de s’approprier les trésors d’abondance que le Créateur a déposés dans leur sein. Il est certain pourtant qu’un homme de cœur n'aurait qu’à frapper ces terres de quelque coup décisif pour en faire surgir d’enviables
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