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CHAPITRE VIII

Dans 1e rapport qui suivit la première grande exploration que je fis de cette région de la Mantawa, je constatais justement que le sol est composé comme suit: 10 un lit d'engrais végétal de quelques pouces d'épaisseur ; 2° assez généralement ensuite de quelques lignes de sable gris qui a plutôt l'apparence de cendre ; 30 un lit profond de terre jaune très-grasse ; 4° au-dessous terre grise, ou sable et glaise, terrain silico-argileux. Des arpenteurs viennent plus tard confirmer l'exactitude de ces renseignements, comme on le voit dans le rapport cité plus haut. Enfin l'honorable Ministre de l'Agriculture et des travaux publics, dans son rapport général de 1869, après un examen minutieux de ce territoire au point de vue des exploitations agricoles qu'on y pourrait faire, emploie les mêmes expressions pour désigner la nature de ces terres. Je suis donc en mesure d'affirmer de nouveau avec plus d’assurance que jamais, que la Mantavaisie est un pays fertile

et dont on peut signaler avec avantage les richesses territoriales.

On : trouvé il y a quelques années sur les bords du lac St-Louis, à St-Zénon, une carrière d’où l’on tire de la pierre qui fait d’excellente chaux. Une autre carrière plus considérable a été trouvée à quelques milles du mont Roberval dans St-Michel-des- Saints. Cette chaux n’est pas blanche comme celle que l’on peut appeler de première qualité sous ce rapport, mais en revanche elle fait un mortier qui résiste à tout ; c’est un vrai ciment. La nature a ainsi

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diminué une qualité secondaire pour augmenter la principale ; ce qui est loin, comme on le voit, d’être un désavantage.

Un gisement de cuivre mêlé à une substance terreuse a été signalé dans la même localité. On en a transporté quelques fragments à Montréal pour les faire analyser et l’on a obtenu d'excellents résultats. Il peut se faire que dans quelque temps on en organise l'exploitation sur un bon pied.

L'on vient de découvrir sur les bords de la rivière du Milieu, à trois milles environ de son embouchure, une matière nuancée de jaune, de rouge et de brun, substance terreuse qui a la plus parfaite ressemblance possible avec la grosse peinture du commerce. Broyée et délayée avec l'huile ordinaire, elle s'étend, se pose et se durcit comme la peinture elle-même. Déjà, il en a été fait des essais qui ont donné et qui donnent encore la plus entière satisfaction. Belle et importante découverte qui ne saurait manquer de fixer l'attention générale. Cette matière ne sera pas épuisée de sitôt, car elle s'étend sur un rayon de plusieurs milles à partir de la rivière. Est-ce une argile ocreuse, ou de l’ocre proprement dite, ou bien une espèce de terre de sienne, ou plutôt de terre bolaire peroxidée de fer? C'est ce qu’une analyse compétente nous dira bientôt. Dans tous les cas, à l’état même de nature où on la trouve aujourd’hui, elle est fort utile et rend déjà d'importants services.

A deux lieues au nord du mont Roberval, il y a de plus une carrière considérable de mica. Le mica est

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