‹ La bourse et la vie [microforme]Chapitre 72 sur 153 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

mense quadrilatère dont nous cherchons l'étendue cultivable, nous rencontrons sur les bords mêmes de cette rivière, des lisières de terre longues de deux et trois lieues qui, de distance en distance, entrent de toute cette longueur dans un groupe de collines qu'elles effrangent vers l’est. Les unes, comme les hauteurs avoisinantes, sont couvertes de beau bois, les autres sont jonchées de grands troncs calcinés qui gisent en désordre, croisés et entassés sur le sol, comme des inorts sur un champ de bataille, Qu'il arrive un homme de courage en ces lieux, et ces tristes dépouilles, livrées à de nouvelles flammes, laisseront pour récompense au second vainqueur un champ fertile, le plus beau du monde; terre jaune comme ailleurs et très-grasse.

Voici le lac Clair; on y monte en hiver par un chemin qui cotoye généralement la rivière de ce nom. Dans une certaine partie néanmoins, ce chemin dévie vers le sud-ouest et vient même traverser la rivière du Milieu en haut des grands brûlés. En été le chemin est tout tracé par la rivière elle-même

1 et par les portages de ses rapides. Sur une distance | de sept à huit milles, la rivière forme des élargisse-

ments considérables qui peuvent être regardés comme des lacs. La rivière du Poste se divise en deux

branches à quelques milles en deçà du lac Clair, l’une qui va dans le nord-nord-est et qui aboutit au grand lac, l’autre qui monte dans l’ouest et qui va chercher les eaux du lac Long. Cette dernière branche in’est pour ainsi dire qu'une suite de lacs très-rappro-

chés : en hiver la glace y est perforée presque partout ; elle est très- mauvaise.

La branche du nord-est mène au lac Clair. La décharge du lac est très-étroite et très-courte, elle tombe dans un étang d’une grande étendue, beaucoup plus large que long et qui forme une croix passablement régulière avec la décharge elle-même. Toutes les terres arrosées par ces eaux sont un peu rocheuses, quoique en général de bonne qualité. Quand on a franchi les quelques arpents du portage de la décharge et que la vue porte tout à coup sur le grand lac, un vaste et magnifique panorama se déploie devant nous. L'étendue de la perspective se marie à la grâce et à la beauté des alentours. Ce lac est de forme circulaire, son diamètre est d'environ six ou sept milles. Pas une île, pas une batture, rien ne brise la vue. L’œil embrasse d’un seul coup toute cette plaine liquide ; celle-ci est bornée au loin par la ligne bleue du rivage, élevée seulement de quelques pieds ; pas de montagnes à l’entour. Il ya du bois franc à l’est ainsi qu’au fond du lac, en plein nord. La courbe nord-ouest paraît fermée comme les autres, cependant au sommet de l'arc, il y a une rivière longue de quelques arpents ; quand on la franchie, on débouche sur une nappe d’eau comme celle de la rive opposée du sud, est | aucoup plus large que longue. Elle est séparée en ! deux par une langue de terre qui la traverse presque en entier de l’est à l’ouest ; 1l est ainsi formé deux grandes baies: l'extrémité de celle du nord |

ue par-

air. La rte, elle e, beauroix Pasle-mème.

t un peu e qualité.

u portage \ coup sur

Page 1