‹ La bourse et la vieChapitre 40 sur 135 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

tout dans sa conduite révéla l'homme judicieux et intéressé au plus haut degré. Trois ans plus tard, alors qu'il atteignait l'âge de vingt et un ans, M. Brassard crut devoir récompenser largement tous les soins que ce jeune homme lui avait prodigués, tous les services qu'il lui avait rendus, tout le dévouement dont il avait fait preuve à son égard ; en même temps ce bon père voulait s'assurer d'un protecteur, d'un gardien pour sa vieillesse. Il constitua donc son fidèle protégé héritier d'une partie de ses biens. Et depuis, notre jeune colon ne s'en est pas montré ingrat, tant s'en faut. Il sut d'abord se choisir une compagne digne de la position qu'il occupait, puis de concert avec son épouse, il redoubla d'attentions envers son bienfaiteur, et celui-ci aujourd'hui, dans son âge avancé, n'est heureux, ne se porte bien, il faut dire, que lorsqu'il séjourne dans son manoir avec cette famille qui lui est toujours si dévouée. Honneur et succès à celui dont le cœur reste enflammé du feu de la charité, et dont l'âme toute entière est toujours pénétrée, inondée du zèle de la reconnaissance !

M. Ménard possède aujourd'hui sans contredit le plus bel établissement de Mantawa : on l'évalue à sept mille piastres. C'est la Bourse, c'est la Vie qu'il a gagnées à la suite d'un travail soutenu, d'un dévouement exemplaire, d'une fidélité à toute épreuve. Exemple que je considère d'une grande valeur, car il nous permet de conclure et de dire : Voilà comment sont honorés et payés nombre de serviteurs honnê-

tes qui ne marchandent pas leurs services au poids de la rigueur textuelle de leur engagement.

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