CHAPITRE IX
s'ouvre encore pour nous faire voir un autre lac d'une certaine grandeur dont les rives sont planes et couvertes de bois mêlé. Enfin il y a un autre petit lac attenant pour ainsi dire à ce dernier, et qui n'est séparé de la rivière Vermillon que par une distance d'un mille. Trois collines régulières qui se suivent, et entièrement séparées, quoique très-rapprochées l'une de l'autre, forment une partie des bords de cette rivière. A part ces trois collines le terrain qui borde au loin toutes ces eaux est plan, de bonne qualité et facile à cultiver. Les alentours du lac Clair jusqu'aux sources de la Vermillon sont un endroit charmant, et deviendront plus tard sans aucun doute le centre d'établissements importants dans cette partie de la Mantawa.
Maintenant, à mi-distance à peu près entre les rivières du Poste et du Milieu, se déploie dans un très-joli paysage un cours d'eau fort et puissant que l'on appelle la rivière au Brochet. Tantôt ses rives se resserrent, tantôt elles s'élargissent au point de former de larges bassins qui baignent des terrains unis et' couverts de bois francs, du côté de l'ouest surtout ; à l'est ce sont des éminences sur lesquelles croissent différentes espèces de bois : on a retiré autrefois beaucoup de billots et autres bois de service dans ces environs : il y a quelques passes rocheuses et sablonneuses p:tr-ci, par-là, mais en petite quantité. En général les terrains, les bois sont magnifiques, principalement lorsqu'on arrive au grand lac du Brochet, lequel peut être considéré comme la
source de cette rivière. La partie supérieure de ce grand lac touche au plateau où les deux grandes rivières du Poste et du Milieu vont prendre quelques filets d'eau. Des établissements très-avantageux peuvent être faits sur le parcours et à la tête de ces cours d'eau. Plusieurs rapides disposés en bonne place peuvent être utilisés pour faire mouvoir de bons moulins. A quelques lieues plus haut, au nord de la rivière Vermillon, ainsi que sur la ligne de l'ouest, on retire encore à l'heure qu'il est, du bois de service de première qualité. Enfin tout ce que l'on peut désirer de plus avantageux dans un commencement de colonisation se trouve en ces lieux. Et si l'on dirige ses pas vers l'ouest en suivant une ligne parallèle au quarante-septième degré de latitude, on retrouve un territoire bien arrosé, une forêt dense et vigoureuse, beaucoup de bois franc, un sol profond de terre jaune aussi grasse que dans le bas de la plaine et riche de toutes les ressources déjà mentionnées sur les autres points. Cette grande lisière de terrain fertile que j'appelle le second plan de la vallée de Mantawa, se confond comme le premier avec la vallée de la rivière Rouge et des autres tributaires de l'Ottawa ; champ immense où peuvent se placer avantageusement encore au moins vingt mille familles.
Les deux sections de cette vallée que j'ai essayé de décrire dans ces derniers chapitres contiennent une superficie arable d'environ six cents lieues. Les lignes de circonscription formeraient un carré plus