CHAPITRE X
apanage précieux que nous a légué le désintéressement de nos pères.
Je nomme nos pères ! mais ici un sentiment profond de vénération m'arrache un tribut de louanges à leur égard et je proclame chacun d'eux un héros !... Qu'auraient dit et fait nos pères s'ils eussent eu les moyens que nous avons à notre disposition de nous agrandir comme peuple avec l'héritage précieux qui nous écheoit par leurs vertus ? Eprouvés tour à tour par l'oubli, la guerre et les persécutions, ils surent s'encourager, combattre et résister pour sortir triomphants d'une lutte qui se fatigua de leur constance. Ils ouvraient un avenir qui, dans leur idée, devait nous amener à ces jours de prospérité, nous leurs descendants, pleins de gloire et de foi, pleins de patriotisme, de force et de vie. Tel était leur but et tel fut le résultat de leur œuvre. Et nous maintenant, légitimes héritiers d'un si grand héroïsme, allons-nous nous croiser les bras sur la poitrine, contempler stoïquement tant de vaillance et envisager l'avenir d'un œil indifférent ? N'avons-nous pas à conserver religieusement ce qu'on nous a légué au prix de tant de sacrifices ? N'avons-nous pas à consolider cet avenir, à le grandir, à lui ouvrir de nouvelles portes sur le chemin de la gloire ? Ah .' c'est ici qu'il faut parler de zèle, de sacrifice, de dévouement même de la part de chacun. Si l'avenir d'un pays appartient à ceux qui sont les maîtres de son sol, empressons-nous de nous approprier celui qui est à notre disposition ; des efforts énergiques et
surtout persévérants conduiront infailliblement au succès dans cette noble et patriotique entreprise.
Et je le dis avec l'accent d'une conviction, qui existe également chez tous, je n'en doute pas, le temps est venu de coloniser, il n'y a plus de tergiversations à faire, c'est la volonté en activité, en action directe qu'il nous faut. Un fait général sur lequel personne n'entretient de doute c'est que la colonisation renferme le secret de notre force dans le présent et qu'elle le renferme surtout en vue de l'avenir. Que l'on demande aux grandes paroisses échelonnées au pied des montagnes ce que vaut pour leur commerce la population des cantons qui les avoisinent. Demandez à la ville de Joliette ce que valent pour son commerce et ses hommes de profession les cantons de Rawdon, de Chertsey, de Kildare, puis St-Alphonse, St-Côrne, Ste-Béatrix, St-Jean-de-Matha, Ste-Emmélie et Mantawa ; demandez à St-Lin ce que lui valent Kilkenny, Wexford, Duncaster, Ste-Julienne ; à St-Jérôme ce que valent pour cette localité St-Sauveur, Ste-Adèle, Ste-Marguerite, Ste-Agathe, St-Hippolyte et autres places. Partout les statistiques d'exportation sont surprenantes et l'échange des produits se fait sur une grande échelle. Le mouvement se soutient par la continuité des besoins et peu à peu les cantons augmentent, et ces centres progressent.
bous un autre rapport, par cette œuvre éminemment patriotique de la colonisation canadienne, la croix brillera sur le sommet des montagnes comme dans le creux des vallons, au flanc des collines com-