‹ La bourse et la vieChapitre 99 sur 135 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

de la chute ainsi que les moulins qui courent les plus grands dangers. Le 6 de juillet, huit grands ponts sur le chemin de Mantawa sont incendiés. Le 15, M. Brassard perd dans cette conflagration une semence de vingt-six minots d'avoine, de laquelle on augurait la plus abondante récolte. Ce n'est que vers le 19 qu'une pluie torrentielle et d'assez longue durée vient faire cesser ces ravages. Si d'un côté la Providence permettait ainsi de dures épreuves, de l'autre elle ne voulait pas décourager les colons, car jamais la récolte sauvée du feu ne fut meilleure que cette année-là ; très-abondante en grains et en légumes, elle fut engrangée dans le bon temps et en parfait état. Sept nouvelles familles étaient montées dans le cours de l'année, et avaient pu faire beaucoup d'ouvrage sur leurs propriétés. La petite colonie se développait peu à peu : nous allons voir qu'on s'y intéressait en haut lieu.

Le 15 septembre 1869, Mantawa était honoré d'une visite qui devait avoir un excellent résultat. L'honorable Louis Archambeault, alors commissaire de l'Agriculture et des Travaux Publics, accompagné de M. Royal en ce temps rédacteur du Nouveau- Monde, de MM. Hétu et Martel de L'Assomption, et de MM. Baby et Leprohon de Joliette, se rendait d'abord à St-Zénon, puis à St-Michel-des-Saints, dans le but de visiter ces terres ainsi que les territoires adjacents, et de constater s'il y avait lieu, vraiment, de faire des efforts pour y encourager la colonisation; Cet honorable Monsieur vit de ses

yeux, foula de ses pieds le sol de la Mantavaisie. Il se dirigea à droite et à gauche, au nord et au sud, fit des marches nombreuses dans toutes les directions, scruta tous les endroits qu'on lui indiqua comme susceptibles de colonisation, ordonna quelques explorations complémentaires, et après un voyage de trois semaines, dans lequel il se renseigna par luimême de la manière la plus exacte possible, il revint, par le lac Bourget et le haut de la Mantawa, descendre à Ste-Agathe, Ste-Lucie et Ste-Marguerite de Wexford, c'est-à-dire par la ligne du chemin Provost, tracée dans l'ouest du district. Son rapport fut des plus favorables, nous eûmes lieu de nous en réjouir, et de puissants encouragements s'ajoutèrent à nos exhortations. Au retour de son voyage une adresse lui fut présentée à St Henri de Mascouche. Cette adresse provoqua de sa part un long et remarquable discours, dans lequel il parla de l'avenir prospère qui attend les groupes de colons qui vont s'établir dans les Laurentides, ainsi que des grands avantages réservés à la colonisation dans la vallée de Mantawa. Il parla avec éloge des membres du clergé qui travaillaient à cette œuvre et ajouta que, sans leur concours, là comme ailleurs, on ne ferait que peu de chose. Il assura que le ministère dont il faisait partie était bien disposé à donner une attention spéciale à la colonisation de ces belles terres, qu'il s'efforcerait pour sa part d'y affecter les plus grandes sommes possibles, et qu'il chercherait à soutenir par de bonnes lois ou de nouvelles ordonnances, l'initiative

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