SCÈNE III BRASSAC, UN VALET DE PIED, puis PIGOCHE
BRASSAC, au valet de pied qu'il vient de sonner.
Vous ferez préparer l'automobile. J'irai au Bois à cinq heures.
LE VALET DE PIED
Bien, Monsieur, (il sort.)
PIGOCHE, entrante
On a téléphoné de Londres, il y a un instant.
BRASSAC
La hausse ?
PIGOCHE.
Toujours... On téléphonera de nouveau tout à l'heure.
BRASSAC
Je t'ai expliqué le coup que je faisais làbas!... C'est merveilleux.
PIGOCHE.
C'est joli...
BRASSAC
La hausse est sûre... mathématique... nécessaire... Dans deux heures, j'aurai gagné un sac formidable.
PIGOCHE.
Ce n'est pas tout à fait certain... mais je
le Crois COmme VOUS... (Lui présentant des lettres.)
Le courrier.
BRASSAC, regardant les lettres.
Sans intérêt... Ah ! un petit bleu, (il ouvre.) Un mot de la Comtesse... (Lisant, puis avec joie.) Mon vieux Pigoche, tu auras une gratification.
PIGOCHE.
Merci. Pourquoi?
BRASSAC
Parce que je suis heureux. Elle dîne avec moi ce soir...
PIGOCHE.
C'est l'amour, alors ?
BRAS SAC
La forte toquade...
PIGOCHE.
Et Mlle Pervenche?
BRAS SAC
• Pervenche? Aujourd'hui même Pervenche sera une jeune personne complètement lâchée par un riche banquier
Ah ! bah !
BRASSAC
Cette enfant a eu le toupet hier de souper avec le petit Clapotin de la Bourse, et cela
sans m'en demander la permission. Je n'aime pas beaucoup ces blagues-là. En outre, depuis qu'elle a découvert qu'elle avait été en pension avec Mme Herbaut, elle exige qu'on lui parle comme à une femme du monde ! . . . C'est admirable! (Entre Pervenche )