Boxeurs anglais
Une leçon de canne par M. Charlemont fils et M. Lefèvre, son élève. 150 coups de canne
seront développés en 50 secondes par M. Charlemont fils Les dames seront admises. Régisseur: M. Léon Charnacé.
C’est le 1er octobre 1887, que M. Charlemont fonda l’académie de boxe, 24, rue des Martyrs.
Cet établissement modèle, situé au rez-de-chaussée, est le plus grand et le plus confortable qui ait existé jusqu’à présent pour ce sport. Fort bien éclairé et aéré, il est composé comme il suit : on y accède de la rue par un long et large couloir traversant deuxcorps de bâtiment d’une maison très propre. Au bout de ce couloir deux portes donnent accès, l’une à gauche, dans le vestiaire des hommes et servant d’entrée aux tireurs, les jours d’assauts, l’autre à droite, servant d’entrée habituelle aux élèves.
A droite, en entrant, deux jolis vestiaires pour les enfants ; à gauche le salon tenant lieu de bureau, où chacun peut faire sa correspondance. Ce bureau est aussi un véritable musée de la boxe.
On entre ensuite dans la salle d’exercices qui mesure plus de 11 m. de longueur sur 6 de large et 5 de hauteur.
Cette salle est garnie de grandes banquettes en chêne, tendues de drap rouge; au mur, sont accrochésdes portraits d’élèves, de boxeurs anglais et américains célèbres, ainsi que les deux bustes en bronze des Charlemont père et fils, œuvres de Charlemont fils, ayant été exposées au salon de 1894. Une bascule automatique permet de se rendre compte des variations du poids.
Au fond de la salle, à gauche, le vestiaire fort bien aménagé de
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banquettes et de porte-manteaux, de casiers où sont placés les vêtements de travail des élèves. Attenant au vestiaire, le cabinet de toilette avec grands lavabos et plus loin la salle d’hydrothérapie fort bien installée, eau froide et chaude.
Les leçons y sont données par M. Gharlemont et ses deux prévôts, MM. Manguet et Chabier.
GHARLEMONT ET CASTERÈS A LONDRES.
Les Anglais ont enfin rompu avec les vieilles traditions, aujourd’hui dans la plupart de leurs assauts, ils y font figurer la boxe française (ils font bien), de là à la pratique il n’y a pas loin.
Les Français les premiers ont rompu depuis longtemps déjà avec la traditionnelle savate en la complétant par les exercices des bras, c’est-à-dire par la boxe anglaise. Ils s’en trouvent très bien.
Le vendredi 24 juin 1887, à l’occasion du grand jubilé de sa majesté la reine d’Angleterre, un grand assaut d’armes a eu lieu à Londres, à Saint-James’s Hall (Piçcadilly).
L’épée, la boxe et le grand bâton à deux mains faisaient partie du programme. Les meilleurs champions anglais s’y mesurèrent, entre autres: Jem Smith, alors champion d’Angleterre.
La boxe française était représentée par Gharlemont fils et son élève Gastérès qui tirèrent ensemble. Les spectateurs, qui certainement n’avaient jamais vu d’assauts de boxe française, rirent tout d’abord, tellement il Jeursemblait bizarre de voir donnerdes coups de pied ; mais par la suite, ils se rendirent compte du côté sérieux de notre boxe et s’enthousiasmèrent au point de rappeler cinq fois les deux adversaires.
Le dimanche suivant eut lieu un assaut au Pélican-Club qui, alors, donnait de fréquents assauts et combats de boxe anglaise.
Gharlemont fît sa démonstration de la boxe française et un assaut avec Castérès. La démonstration et l’assaut eurent un succès semblable au précédent. Gharlemont croyait avoir terminé la soirée quand on vint lui demander de tirer courtoisement, en boxe française, contre un professionnel anglais ; il accepta quoique fatigué.
Les deux adversaires se placèrent en garde. Dès que l’An-
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glais, se rapprochant petit à petit, fut à sa portée, Charlemont lui porta un chassé-croisé en pleine poitrine qui envoya son adversaire contre le mur.
Deux autres fois Charlemont réussit le même coup et envoya rouler son adversaire à terre.
L’Anglais qui n’avait pu placer un seul coup de poing, voyant qu’il recevait toujours le même coup à la même place, effaça son corps davantage pour moins présenter de surface, ne se doutant pas qu’il prêtait aux coups bas. Charlemont ne perdit pas l’occasion de lui porter un chassé-croisé sur le genou, qui le fît pirouetter sur lui-même et tomber à terre.
Enfin Charlemont recommença un chassé-croisé au corps qui glissa sur le côté de l’Anglais ; mais voulant éviter une mêlée de coups de poing, il lui porte un coup de hanche en tête avec tant de vitesse que l’Anglais, surpris, se trouva sur le dos en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire ; l’assaut se termina ainsi.
Le résultat de cet assaut n’est certainement pas une conclusion définitive sur la supériorité de la boxe française, mais on peut en tirer cet enseignement que deux boxeurs de deux écoles différentes se sont rencontrés de leur propre volonté, ne se connaissant pas, que le boxeur anglais n’a pas pu approcher de son adversaire et par conséquent placer un seul coup de poing, qu’il s’est fait surprendre par un coup de lutte que nous démontrons dans notre théorie, pour les cas semblables, et qu’il a été mis hors de combat.
On nous objectera : mais l’Anglais n’était probablement pas entraîné. Charlemont ne l’était pas davantage et il était fatigué.
Néanmoins, il faut bien le constater, c’était un succès pour la boxe française.
Nous donnons ci-dessous le programme de cette magnifique séance.
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