‹ La boxe française, historique et biographiqueChapitre 176 sur 233 · CHARLEMONT A MARSEILLE · texte numérisé non relu

CHARLEMONT A MARSEILLE

« Les nombreux amateurs de ce sport apprendront avec plaisir que notre ami, M. Allard, le distingué professeur de boxe de notre ville, qui se rend au Casino de Monte-Carlo en compagnie du maître Charlemont, pour faire un assaut, devant l’élite des sportmen, en villégiature sur la côte d’azur, est chargé par la Société d’escrime de notre ville de vouloir bien prier le maître de rééditer, à son passage à Marseille, la brillante fête qui eut lieu le 7 janvier dernier.

« Noussommespersuadésque l’attrait de la température exceptionnelle dont nousjouissons et les saveurs de notre bouillabaisse décideront M. Charlemont à accéder à un désir général.

« Des pourparlers sont aussi engagés avec MM. Pini, Mérignac fils, de Paris, et Kirchofîer, trois des meilleures lames de notre époque, afin de les décider à prêter leur concours à la fête projetée par la vaillante société d’escrime.

« Espérons que ces pourparlers aboutiront et que nous assisterons bientôt à une fête sportive des plus brillantes.

(( Piétron. »

ESCRIME ET BOXE

MARSEILLE

« C’est devant une brillante assistance que Ja Fraternelle du Gard donnait un assaut, samedi 20 mars.

« Nous ne saurions trop féliciter cette vaillante société de l’initiative déployée en cette circonstance, et, sans exagérer, nous pouvons affirmer qu’il nous a rarement été donné d’assister à un assaut aussi brillant.

LA BOXE FRANÇAISE

« La présidence avait été dévolue à M. Dubois, le sympathique secrétaire général de la mairie, assisté du commandant Guize, du capitaine Lemoine et de M. Martin.

« Nous remarquons dans la salle : MM. de Morgis, Savy, P. Caublot, Eschmann, Dermyes, Piolle, Roustan, Aubert, R. d’Hergard, docteur Poizat, Beltrami, E. et A. Liotard, H. Allard, Rieutor, etc...

« L’assaut d’ouverture a lieu à l’épée de combat entre MM.Piquemal, maître au 19e d’artillerie, et Simon, maître de la société d’escrime de Marseille; à l’actif de M. Simon, un joli coup à la cuisse par un liement pris sur la préparation de son adversaire qui a pu à son tour dérober deux coups au bras. En somme brillant assaut.

« L'assaut entre MM. Teissier, professeur au lycée de Nîmes, et Granier, professeur au lycée de Marseille, a été fort applaudi.

« MM. Hurrant, maître au 11e dragons et Ranc, maître au 9e hussards, nous ont fait assister à un assaut académique dans toute l’acception du mot, tous deux très en forme, ils ont fait preuve d’une science et d’une correction parfaites.

« L’assaut de boxe française entre MM. Allard, professeur d’escrime, et son prévôt M. Franceschi a vivement intéressé le public. M. Franceschi, très en progrès, a réussi sur son maître de très jolis coups, notamment un coup de poing de figure avec échappement sur un coup de pied bas qui lui a valu de sincères applaudissements.

« M. Allard nous a paru manquer un peu d’entraînement, ou peut-être surentraîné, mais il n’a pas été le tireur brillant que nous sommes habitués à voir.

u La première partie a été clôturée par un assaut au fleuret entre MM. Giraud et Pinelli. Ce dernier a opposé une sérieuse résistance au terrible gaucher qu’est M. Giraud.

« La deuxième partie a été ouverte par MM. Lanoi, moniteur au lycée de Marseille, et doyen des maîtres d’armes de Marseille, et M. Goirand, président des amis des arts. Ces deux maîtres, malgré leur âge, ont déployé une énergie et une souplesse que beaucoup de jeunes gens envieraient. Ils sont un exemple frappant de ce que peuvent sur nous les exercices du corps.

« MM. Gros, professeur au Cercle d’escrime de Salon, et Panzer-

LA BOXE FRANÇAISE

gue, moniteur à la réunion des sous-officiers, ont été applaudis dans leur assaut au fleuret. M. Gros, bien en forme, a réussi de fortbelles ripostes du tac au tac sur les attaques rapides de son adversaire.

« L’assaut entre MM. Millous et Farjon a montré une fois de plus que ces deux tireurs sont à la hauteur de leur réputation.

« La démonstration de la boxe française par MM. Allard etCarvin, son élève, a soulevé les applaudissements du public, qui a pu ainsi se rendre compte de ce qu’est la boxe réellement pratique et de la différence qui existe entre la méthode de Charlemont et l’ancienne savate ou chausson.

MM. Riffaud, moniteur au 163e, etDelas, moniteur au 141e, ont été parfaits de grâce et de correction dans leur assaut au fleuret.

« Nous adressons toutes nos félicitations à M. Simon, qui avait été chargé de l’organisation de cette brillante soirée et qui s’est surpassé en cette circonstance, car depuis de longues années nous n’avions assisté à un assaut dont le programme fût aussi varié.

— « MM. Kirchoffer et Comte, les deux célébrés maîtres d’escrime français et italien, après les assauts qui auront lieu le 31 à Monte-Carlo, ont gracieusement consenti à s’arrêter à Marseille où ils se rencontreront à la salle de lasociété d’escrime, 51, rue Saint-Ferréol, avec les meilleurs tireurs de la région.

« Les membres de lasociété seront prévenus incessamment de la date exacte de l’assaut. »

Midi-Sport, de Marseille, L'avril 1897.

Page 1