CHARLEMONT ET CASTERÈS A MARSEILLE
(( Nous apprenons, de source certaine, l’arrivée prochaine à Marseille de Charlemont, le fameux boxeur parisien, qui, l’an dernier,
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nous gratifia d’un assaut resté célèbre dans les fastes du Cercle d’Escrime de notre ville.
« A ce moment, la grande querelle, élevée entre les partisans du chausson marseillais et les amateurs de boxe française, traversait une phase aiguë de sa crise à l’occasion des assauts récents offerts aux premiers par un tireur de grand talent, M. L. Allard, élève * de Charlemont, et alors à peine connu dans notre ville.
« Dans les milieux sportifs où s’agitaient ces questions d’écoles, l’antagonisme allait jusqu’à la violence, et les défis nombreux adressés à M. Allard, qui les provoquait d’ailleurs par la crânerie de son attitude, exigèrent du vaillant boxeur de multiples rencontres, d’où son art sortit constamment vainqueur,
« Ce fut la période laborieuse d’incubation.
« Le disciple préparait la voie au Maître en abattant les obstacles d’ordre inférieur, mais toujours renaissants, qui tentaient de s’opposer à la marche triomphale du progrès.
« Ce fut aussi la période intéressante des discussions doctrinales, des controverses passionnées, des épreuves redoutables, des tentatives désespérées de l’antique corporation menacée dans ses prérogatives, dépouillée de ses privilèges et qui allait à la bataille avec le courage et l’obstination des bastilles assiégées par une stratégie nouvelle, par un adversaire supérieur.
« Ce fut la phase la plus brillante du sport.
« Et il ne fallut pas moins de l’énergie indomptable de Louis Allard, de sa science profonde et de sa foi juvénile pour venir about de tant d’ennemis ou plutôt, de tant d’adversaires, car comment garder rancune honnêtement à un rival heureux, dont la bonne grâce et la courtoisie faisaient au vaincu une retraite toujours honorable, dont l’élégance parfaite séduisait ses contradicteurs, dont la sympathie désarmait les plus farouches parmi les sincères.
« Il en est, certes, qui ne pardonneraient pas leur défaite et qui employaient les petits moyens ; et ceux-là, il fallut bien les mener durement quand même, mais ils furent le petit nombre, et bientôt le jeune champion vit l’espace s’élargir devant lui, et les sympathies accourir en foule subjuguées, par la vigueur de son talent et la loyauté de son attitude.
« C’est alors que Charlemont vint consacrer par une victoire défi-
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nitive la renommée de son Ecole et les vifs succès d’un élève qui était resté son ami.
« Cet assaut du tireur parisien est demeuré légendaire dans le clan des anciens. Il est trop récent pour qu’il soit utile d'y insister.
« Nous disons, seulement, que Charlemont se révéla le professionnel impeccable, l’artiste consommé qu’il est, et que, dans cette rencontre, il déploya toutes les ressources d’un enseignement, qui devait forcément le classer hors de pair parmi les boxeurs de notre époque.
« L’une des premières sociétés sportives deMarseille « La Boxe Française », placée, par ses dévoués fondateurs, sous le patronage du maître, a pris l’initiative d’une fête qui sera donnée au profit des pauvres.
« Le concours de Charlemont était tout indiqué dans cette circonstance.
« On nous annonce que le tireur parisien sera accompagné en notre ville par son émule Castérès, l’un des professionnels les plus brillants de sa pléïade.
« Si cette nouvelle est exacte, la salle du gymnase Saint-Jacques sera certainement trop étroite pour les amateurs d’émotions viriles et il faudra trouver un local aux vastes dimensions, pour recevoir tous ceux qui se laisseront séduire, par l’attrait d’un spectacle sans précédent, sous l’égide duquel nos jeunes concitoyens ont intelligemment placé leur entreprise charitable.
« Nous reparlerons de cet assaut.
« ÀMATAR. »
Tout Marseille , 29 mars 1898.
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« A la Boxe Française. — Le deuxième assaut intime, donné par la Société la Boxe Française, a été très réussi.
« Noté dans l’assistance : MM. Cridler, commissaire général des Etats-Unis pour l’Exposition de 1900; le lieutenant de vaisseau Baker et Hamburger,commissaires spéciaux. Ce dernier s’occupera tout particulièrement de la section sportive américaine de 1900.
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MM. Moovey, Seligman, Marius Dubonnet, Charlemont père, Castérès, Toussaint, Reichel, Miriart, etc.
« Nous avons vu débuter hier une nouvelle fournée de Joinvillais, qui a fait de son mieux, ce qui n’est pas encore la perfection. C’est ainsique MM. Loriot, Dandieu, Landowski et Green, amateurs, ont joué avec MM. Olive, Baillen, Baïssas et David, tous quatre de Joinville.
« Nous avons eu encore un gentil assaut de boxe française entre MM. Dubonnet et Roseau, deux juniors qui promettent ; le premier nommé a eule meilleur.
c< Deux assauts de canne, le premier entre MM. Foréau et Mainguet, le second entre Charlemont et son prévôt Chabrier ont été fort intéressants : Mainguet a eu le meilleur et Charlemont, toujours aussi brillant, a donné une leçon à Chabrier.
« J’ai gardé pour la fin les deux rencontres intéressantes de la soirée. D’abord Chabrier contre Antoine. Ce dernier aurait dû mieux faire : dans un assaut, il faut avant tout chercher à toucher et il s’est contenté de dessiner agréablement les coups ; peutêtre manque-t-il encore un peu d’aplomb en public? Chabrier, qui fait très bien, a eu un avantage marqué et a réussi de jolis revers de figure et des chassés bas, sans compter de bons coups de poing.
« L’assaut entre Dunet et Mainguet promettait d’être fort intéressant.
« Dunet s’améliore à chaque exhibition et débutait fort bien quand un coup de poing reçu sur le nez détermina une hémorragie qui le fit interrompre l’assaut.
« M. Dandieu le remplaça au pied levé, c’est le cas de le dire, et Mainguet, fort à l’aise dès lors, n’eut plus qu’à exécuter la gamme de ses coups, fort bien venus, au demeurant, et remporta un succès facile.
« Un peu de boxe anglaise eût été la bienvenue : à vous MM. les amateurs qui paressez ! » '
Journal des Sports 1 mars 1898.
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« L’assaut intime de la Société la « Boxe Française » a été ce qu'il promettait : superbe. Et la salle de la rue des Martyrs était bien petite pour contenir les amateurs qui s'y écrasaient.
« Reconnu çà et là : Castérès, Millard, Gustave Sabartbès, Edmond Rocher, Emile de Pringy, Adrien Petit, Janvier, de l’Odéon, etc.
« Sous la présidence de M. Gharlemont père, c’est d’abord un assaut bien pâle; ne nous arrêtons qu’à celui de Paillet, professeur à l’Ecole de Joinville, contre Dandieu, amateur. Pas heureux le professeur de l’Ecole, avec son jeu irraisonné, rudimentaire, sa sempiternelle feinte de coup de pied bas et coup de pied tournant.
« M. Bayssas, de l’Ecole de Joinville également, a tiré contre Landowski, tireur de sang-froid et souple et vif, doué de jambes extraordinaires. Pile formidable au professeur! Les militaires devraient décidément sortir de la routine s’ils ne veulent voir sombrer dans le ridicule ce qui fut l’Ecole de Joinville.
a Signalons un courtois assaut de canne entre Mainguet, professeur, et Foréau, amateur. Arrêtons-nous sur le jeu de Dubonnet et Roseau, deux tout jeunes amateurs. De jolies phases de chausson de part et d'autre, des coups annoncées gentiment quand tout à coup :
— « Ça manque de coups de poing! crie Charlemont. El Roseau — un nom de souplesse — de bondir et de porter quelques fiers coups droits à son jeune adversaire.
« Antoine, professeur, a opposé une belle défense à Cbabrier dont nous avons admiré les jolies esquives, les coups de reversées coups de pied tournants et brisés. Joli et redoutable boxeur que ce Cbabrier ! Grimm, amateur , a joué avec David, comme chat avec souris. M. David, paraît-il, enseigne à l’Ecole de Joinville la boxe dont il ignore les premiers principes. Pauvres élèves!
«Dunet tirait contre Mainguet, Dandieu contre Mainguet et Gharlemont nous a tenu en haleine dans un admirable assaut de canne contre Cbabrier.
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« Cela nous aura dédommagé de l’assaut de boxe que le maître n’a pu nous donner, souffrant d’une foulure au pied.
« Nos remerciements aux organisateurs de cette belle soirée. A la prochaine soirée intime, dans un mois.
« Georges Wernert. »
La Paix , 2 avril 1898.
BOXING-CLUB DE BRUXELLES
Salle H. Dupont, 39, rue des Petits-Carmes.