ET ANGLAISE, DE FORCE ET DE GYMNASTIQUE
Donné par M. Ch. Ducros
Avec le concours de plusieurs professeurs et amateurs de Paris dont les noms suivent :
MM. Tessier, Charlemont, Tenon, Pécoul, Reubau, M. Eugène Bastien, Prévôt de M. Vigneron, Augustin et Emile, tous deux élèves de M. Vigneron, MM. Mallet, May, Fritz, Coquet, Dalmas, Leroy, Louis et Durupty, élèves de la salle.
EXERCICES DE FORCE
Par MM. Massin, Audain et l’hercule lyonnais Fritz.
Les jeux athlétiques par MM. Tessier, Lacaisse et Audain, ainsi que plusieurs amateurs.
Voici comment Charlemont fit connaissance avec Hubert Lecour, et tira avec lui. Etant un jour chez un de ses anciens patrons qui tenait un café, faubourg du Temple, celui-ci le présenta à un monsieur, ancien admirateur de Lecour, en lui faisant savoir qu’il était professeur au régiment et vantait ses qualités. Le monsieur, très enthousiasmé de Lecour, dit à Charlemont : « Personne ne peut toucher Lecour et vous ne pourriez pas non plus le toucher, pour moi il est invincible. » Charlemont piqué au vif : « Monsieur, je n’ai pas l’honneur de connaître M. Lecour, mais si vous voulez bien me présenter à lui, je crois pouvoir vous convaincre de votre erreur, non seulement je le toucherai une fois mais plusieurs fois. » Rendez-vous fut pris ; le monsieur nJy vint pas. Huit jours plus tard, Charlemont recevait une lettre d’Hubert Lecour, l'invitant à venir tirer dans un assaut qu'il devait donner chez lui, passage des Panoramas, au bénéfice d’Etienne, son prévôt, et lui demandait une réponse. Charlemont crut que c’était le résultat de la conversation avec le monsieur au rendezvous manqué; il alla le môme jour porter verbalement sa réponse
LA BOXE FRANÇAISE
à Lecour, et lui expliqua ce qui avait été-dit et ce qu’il en pensait. Lecour lui affirma n’être averti de rien, que cette coïncidence était de pur hasard. Charlemont lui témoigna le désir déjuger la chose entre eux, en tirant ensemble à son assaut; ce qui fut entendu. L’assaut n'eut pas lieu cette année-là, Lecour avait un furoncle à la main. Charlemont et Chauderlot firent un assaut ensemble.
« Cet assaut, qui était attendu par les amateurs avec une extrême curiosité, eut lieu l’année suivante, dans la salle des Panoramas. Les élèves et les amis de Lecour avaient pleine confiance, a On ne peut refuser à Charlemont, disaient-ils, la cc vitesse et la légèreté, mais il est habitué à tirer avec Vigneron, « qui a le jeu large, qui est devenu plus lourd et manque d’haleine; « il sera battu » En effet, les premières passes lui furent défavorables; il fut pris trois fois de suite au coup de pied bas et au coup d’arrêt. Un tireur ordinaire aurait perdu la tête et n’aurait plus rien fait de bon. Mais Charlemont ne se troubla pas ; avec le sang-froid et la sûreté de coup d’œil qui en faisaient un adversaire si dangereux, il vit sur l’heure comment il fallait combattre Lecour ; séance tenante, il modifia son système d’attaque, serra son jeu et, dans la seconde partie de l’assaut, il eut l’avantage. Sa réputation était faite.
« Arthur Rang. »
Avant de commencer, Hubert Lecour avait dit à Tessier, qui régissait l’assaut : « — On dit que le prévôt de Charlemont a le même jeu, la même manière de tirer que son professeur, faitesle tirer avant nous, je verrai. »
Le prévôt, prévenu par son maître, refusa de tirer avant lui.
L’année suivante, Charlemont fit un brillant assaut avec le Dr E. Ménière, un des meilleurs élèves de Lecour, à la suite duquel il y eut des appréciations erronées. Pour les faire taire, Vigneron lança un défi public. Charlemont en était naturellement le champion. Nous en donnerons le compte-rendu en son temps et lieu.
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