ADIEUX DE M. CHARLEMONT
« L’évolution politique qui s’accomplit en France, où la République commence à être un peu moinsimplacable aux républicains, cette évolution prive petit à petit Bruxelles d’un grand nombre d’hommes qui avaient honorablement conquis chez nous droit de cité.
« Les portes de la France, entrebâillées naguère pour laisser rentrer M. Ranc, s’ouvrent tous les jours un peu plus larges aux proscrits de la République hargneuse et autoritaire de M. Dufour. Parmi ces derniers comptait M. J. Charlemont, qui a établi à Bruxelles une salle d’escrime et dont les leçons étaient fort suivies.
a M. Charlemont va rentrer en France; il donnera à cette oc-
LA BOXE FRANÇAISE
casion samedi prochain, à 8 heures du soir, en l'ancienne salle Marugg (rue du Bois Sauvage), un grand assaut d’adieux auquel prêteront leur concours un grand nombre de professeurs et d’amateurs français et belges. — Epée, sabre, canne, boxe française et anglaise, lutte parisienne et gymnastique, — telest le programme de la soirée. »
La Chronique.
<( M. Charlemont, le brillant professeur d’armes que tout Bruxelles connaît, organise pour le samedi 10 mai, à 8 heures du soir, à l’ancienne salle Marugg, rue du Bois Sauvage, 15, un grand assaut d’adieux.
« Les sympathies que M. Charlemont a pu recueillir pendant un séjour de huit années à Bruxelles, ne lui feront pas défaut en cette circonstance ; nous espérons que ses amis et connaissances voudront bien lui donner une dernière marque d’estime avant son départ pour Paris, en assistant à cette brillante séance.
« Un grand nombre d’amateurs et de professeurs distingués, français et belges, prêteront leur concours à M. Charlemont.
« L’assaut sera composé d’épée, de sabre, de canne, de boxe française et anglaise, de lutte parisienne et de gymnastique.
« Nous croyons pouvoir prédire à cette soirée d’adieux le plus brillant succès. »
L’Eclair.
« A l’occasion de son prochain retour en France, le professeur Charlemont organise une brillante séance d’armes et de gymnastique qui sera donnée en la salle Marugg.
« Pendant les huit années de séjour parmi nous, Charlemont s’est acquis toutes les sympathies et nous n’avons nul doute que cette attrayante soirée fera chambrée complète.
« Pour toutes les fêtes et séances, les sociétés de gymnastique du pays, et spécialement de Bruxelles, ont pu compter sur le concours désintéressé de Charlemont ; elles trouveront cette fois l’occasion de lui témoigner toute leur reconnaissance.
« A. Thlète. »
Le Franc-Tireur.
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Comme nous le disions en commençant, la période de Belgique est certes très intéressante. Charlemont y a déployé une activité dévorante; sans ressources d’aucune sorte, sans relations, sans connaissances du pays, de ses mœurs, et en butte à la jalousie des professeurs du pays, il ne se rebute pas ; il travaille à la foire, il donne des assauts à tout instant, il assiste à un grand nombre d’autres assauts où il est invité, on le voit de tous côtés, il tire partout, il invite, il provoque constamment les tireurs à venir lui disputer sa renommée et se déplace à chaque instant. Il tâtonne comme quelqu’un qui cherche son équilibre, son point d’appui. C’est un bon quartier qu'il cherche pour s’installer définitivement. Nous le voyons professeur à la Société libre de gymnastique de Bruxelles, au Fencing-Club, au Cercle de gymnastique. Les chefs de corps des grenadiers, des guides, des carabiniers, de l'artillerie de Bruxelles, lui donnent chacun deux maîtres d’a,rmes de leurs régiments, pour qu’il leur enseigne son art. Nous voyons parmi ceux-ci : M. Louis Dupont, le distingué professeur de Bruxelles actuellement, qui a fondé une salle d'armes, de gymnastique, et ouvert un cours de boxe. Tl a formé une société qui porte le titre de : Boxing-Club; dans cette dernière tâche il a été fort secondé par M. Henri Pleuser, un ancien élève de Charlemont. Ce Boxing-Club est très fréquenté, on y travaille fort ; des fêtes périodiques marquent les sérieux progrès qu’on y fait.
Comment peut-on être étonné de son savoir, quand on le voit lutter ainsi constamment avec cette énergie qui ne l’abandonne pas un moment? aussi regretta-t-on son départ de Belgique, et de Bruxelles en particulier. Des articles en ce sens, très élogieux, furent publiés dans les journaux.
Charlemont avait pu petit à petit gagner les sympathies de tous, éteindre les jalousies et s’attirer les relations les plus belles que l’on puisse désirer. Il ne laissa que de bons souvenirs personnels, en même temps qu’un exemple de courage et de stimulant dont on profita dans le pays.
Après son départ, on fonda des cercles d'escrime et de boxe, on organisa de grands assauts qui n’existaient pas avant son arrivée à Bruxelles. En résumé, il a bien préparé le terrain, ça pousse
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bien maintenant, aussi on ne l’oublia pas; dans plusieurs grands assauts donnés depuis, on l’invita lui et son fils à venir y prendre part et contempler ce qu’on pourrait appeler son œuvre. C’est à Bruxelles, à l’assaut donné par le Cercle d'escrime, salle des ingénieurs, à la Bourse, que lui et son fils furent chaleureusement accueillis. A Charleroi, il fut également invité ainsi que son fils, à un grand assaut donné au théâtre de cette ville, au bénéfice d’œuvres de bienfaisance, plusieurs maîtres français furent aussi invités. Ce fut une réception splendide, les habitants en grand nombre, le comité d’organisation de la fête, en tête, les accompagnaient avec des drapeaux des deux nations.
La salle du théâtre, celle du banquet étaient décorées,, pavoisées pour la circonstance. Pendant l’assaut il y eut une ovation magnifique, puis ce fut une promenade triomphale ; au banquet on chanta des chants patriotiques, on but à la France et les Français à la Belgique. On se souvenait du séjour de Charlemcnl en Belgique. Le fils Charlemont va souvent à Bruxelles prêter son concours au Boxing-Club, accompagné d’un grand nombre de ses élèves.
Dernièrement il alla à Verviers assister à une fête de bienfaisance, à l’occasion de laquelle un grand assaut était donné. La réception qu’on lui fit fut un véritable triomphe : de grandes bandes d’étoffes tendues en travers des rues portaient en grosses lettres: Honneur à Charlemont. Partout des sympathies. Charlemont avait beaucoup semé en Belgique depuis 1871, c’était maintenant la récolte.
On travaille ferme aussi à Verviers, de temps en temps ils fournissent une petite délégation de tireurs aux assauts de Charlemont à Paris.
Cela va bien, la boxe est en bonne voie, il n'y a plus qu’à continuer.
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