X. R..., prof, milit
J. Charlemont, prof.
Prix des places, 5 francs.
Nota. On peut se procurer des billets à l’avance : Au grand gymnase Paz, 34, rue des Martyrs et chez M. Charlemont, 73, rue des Moines.
Voici donc Charlemont qui a donné son premier assaut depuis son retour de Belgique. Il ne s’est pas ménagé la pari du travail : Répétition de 1a, théorie de boxe française avec son fils ; un assaut de boxe anglaise avec M. Legrand, ce colosse doublé d’un hercule, dont le jeune fils tient une des meilleures places dans les assauts d’aujourd’hui, pour la boxe anglaise. Un assaut de boxe française avec M. Rouy, professeur à l’école d’escrime française, un tireur difficile en raison de sa taille, de son poids et de sa force.
L’assaut Rouy et Léopold Césare, indiqué dans le programme, n’eut pas lieu. Rouy refusa sous prétexte qu’il avait deux assauts à faire, dont un avec Charlemont, ce qui était vrai ; on lui fit remarquer que Charlemont en avait trois et des mieux corsés. Léopold Césare, élève de Charlemont, était un des tireurs les plus redoutables, à tel point qu’aucun tireur n’osait se mettre devant lui pour un assaut sérieux. Il dut faire un assaut avec Ponsol, ancien maître au régiment des voltigeurs de la garde impériale, actuellement gardien du marché de Passy.
C’est à cet assaut que nous avons vu pour la dernière fois le regretté et courageux professeur de boxe, Charles Ducros ; atteint d’une maladie de poitrine, il s’était fait conduire en voiture et porter dans la salle sur un fauteuil par plusieurs de ses amis. Lorsque Charlemont alla à sa rencontre, lui serrer la main, il lui dit d’une voix éteinte : — « J’ai voulu te voir tirer unedernière fois. — Vous me verrez encore tirer, lui dit Charlemont. — Je ne me monte pas le coup ; je suis réglé, j'ai mon compte et en même temps, montrant une longue liste de noms : tiens, regarde, ce sont
LA BOXE FRANÇAISE
mes invitations pour le grand voyage et tu vois, tu n’es pas oublié. » C’était la liste des amis et connaissances qui devaient être invités à son convoi.
En effet, il sentait bien sa fin prochaine, car cinq mois après, le 1er octobre 1880, il mourut âgé de cinquante-six ans.
Son ami Tessier, un fort tireur dont nous avons parlé précédemment, Pa suivi de près ; il mourut le 20 novembre de la même année, un mois et demi après lui, il était également âgé de cinquante-six ans.