‹ la breche au monstre Arthur conan DoyleChapitre 1 sur 12 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Deux volumes de Sir Arthur Conan Doyle, The Last Galley et Danger, ont fourni au traducteur la matière de ce livre.

Par le choix des nouvelles qui le composent, on s’est proposé de rendre sensible dans un raccourci l’aspect multiforme d’une œuvre qui va de La Compagnie Blanche aux Exploits de Sherlock Holmes et du Monde Perdu aux Aventures du Brigadier Gérard ; on a essayé d’illustrer cette faculté de renouvellement continuel qui est l’une des caractéristiques du talent de l’auteur, la vaste curiosité de son esprit, l’étendue de ses connaissances, et une aisance peut-être unique à exercer son imagination dans tous les domaines, sur tous les sujets, qu’ils relèvent de l’histoire, de la science ou de la pure fantaisie.

Relativement à la nouvelle intitulée Le Danger, il importe, pour en bien préciser le sens et l’intérêt, de faire une remarque. Le Danger fut d’abord publié par le Strand Magazine au mois de juin 1914, plusieurs semaines avant la guerre, quand rien ne présageait l'événement qui la fit naître. De tous les récits d’« anticipation » dus à l’imagination des romanciers contemporains, voilà bien le plus étonnant. La future guerre sous-marine, telle que devait bientôt la pratiquer l’Allemagne, est ici évoquée par un Anglais étrangement perspicace. Sir Arthur Conan Doyle a tout prévu, na-

vires de commerce coulés, grands paquebots envoyés au fond de l’eau avec leurs milliers de voyageurs, mépris du droit des neutres. Tout, sauf pourtant une chose : le commandant du sous-marin qu’il a mis en scène n'’inscrit pas à son tableau de chasse les navires-hôpitaux. Mais qui donc eût osé soupçonner, en juin 1914, jusqu’où pouvait aller la logique de l’esprit allemand ?

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