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LA FILLE

Sont-ils donc des sorciers, ces messieurs de la ville, Pour voir d'où nous venons, où nous allons ainsi?

Savoir d'où nous venons n'est pas bien difficile.

Puisque c'était hier le jour de grand'merci.

Et que, dePluneret à Quimper. la grand'route

Est couverte en entier de pèlerins lassés,

Qui viennent de quérir là-bas, quoi qu'il leur coùlc,

Les pardons accordés à tous ces jours passés.

LE VOYÂGEIK.

Savoir où vous allez est encor plus commode :

Les femmes de Quimper ont des fichus plissés

Et tout raidis au bleu; je connais bien leur mode;

Leurs coiffes vont au vent tant que c'en est assez.

Vous, sur un justaucorps qui ne va qu'à la taille

Vous cousez deux beaux rangs de galons couleur d'or ;

Autour de votre cou, sous ce gilet qui bâille,

Un autre plus étroit s'aperçoit bien encor.

Un ruban pareil tourne au bas de votre robe;

Et d'un rouge cordon relevés avec goût,

Vos cheveux, que devant le bonnet nous dérobe,

Ressortent en arrière et chargent votre cou.

Je reviens du pays dont c'est là la coiffure ;

Je reviens de Kersaint et Tremeané.

Vous ne voudriez pas me tromper, je le jure: —

Dites, — vous qui riez, — n'ai-je pas deviné?

Un fragment de la jolie pièce intitulée Nos Unissons montrera avec quelles fraîches et jeunes inspirations M. E. Grimaud a écrit le volume de poésies qu'il a si justement appelées Fleurs de Vendée,

Voici la saison chérie :

L'épine noire est fleurie, Saluez le gai printemps !

L'aubépine s'est couverte D'une robe ])lanclie et verte <.)ui fait le vent embaumé, (lommo la déesse anti({uo Dont la robe balsamique Laisse un souffle parfumé.

Que ton destin s'accomplis-:e.

Fleur de la ronce, calice D'où sort ce fruit savoureux, La mure, la noire perle, Pour qui lenfant el le merle Ont des regards amoureux.

0 senteurs du chèvrefeuille.

Sucs que l'abeille recueille, Que boivent les papillons !

0 Taromc qui s'épanche Du troène à grappe blanche, Ce lilas de nos vallons!

Le liseron court, s'enlace, Et jamais il ne se lasse De grimper, de festonner 1 A voir sa cloche argentine, Lorsque le zéphyr l'incline, On pense : elle va sonner !

Le sureau dresse sa tige, La demoiselle y voltige, Sachant que son miel est doux ; Le lézard vert dans la haie, Au moindre bruit qui l'effraye, Se glisse à Iravers les houx.

L'araignée industrieuse Tend sa toile captieuse Entre deux brins d'églantier ; Plus fine que la dentelle, D'un sylphe on dirait une aile Dont il perdit la moitié.

Et plus bas maintes fleurettes Découpent leurs collerettci D'azur et d'argent et d'or :

— La primevère hàlive, La violette craintive Qui dérobe son trésor,

La véronique céleste, Et la bruyère modeste, Au calice délié ; Le myosotis qu'on donne A l'ami qu'on abandonne, Pour n'en pas être oublié '

Euulu do

CJonyrs

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