APPRÉCIATION
L'agglutination rapide n’est pas parfaite, loin de là, et nous n'affirmerons pas avec Wimicky et Larson, « qu’elle est à la lutte contre la brucellose ce que l’intradermotuberculination est à celle de la tuberculose ».
Ses résultats sans être superposables à ceux de l’agglutination lente paraissent équivalents. Il serait d’ailleurs difficile d'admettre qu’elle est plus sensible sans reconnaître par là que la « standardisation » de l’antigène a été mal faite.
De plus, elle est délicate à mettre en œuvre, délicate à interpréter et comporte un matériel encore très compliqué. Sa rapidité est réelle, mais seulement lorsque l’on doit examiner un nombre limité d'échantillons. Sa simplicité est très réduite par ce fait qu’il semble bien indispensable
de chauffer le sérum si l'on veut éviter de nombreuses erreurs.
* Pour les laboratoires, elle ne présente donc aucun avantage sur la méthode lente. Elle n’est pas non plus susceptible d’être adoptée par les praticiens dans un pays où le service des diagnostics est rapide et bien organisé, et où l'on a l’habitude de laisser, avec juste raison, les réactions sérologiques aux spécialistes.
Reconnaissons cependant qu'elle peut die des services, mais dans des conditions qui ne sont pas celles qui nous intéressent, celles de notre pays.
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SES Seroagglutination microscopique rapide
C’est le procédé que Widal a fait connaître pour la mise en évidence du bacille typhique.
Il a été fort peu employé pour la recherche de l'infection brucellique. Seul Huddleson en a tiré parti dans sa pre- mière méthode de diagnostic rapide.
Nous avons étudié la possibilité de sa mise en œuvre pour le diagnostic de la Brucellose bovine.
PRÉPARATION DE L'ANTIGÈNE.
Nous avons adopté la technique indiquée par Huddleson
et Abell et que nous avons exposée à propos de la méthode précédente.
La culture d’abortus peut être ramassée dans ce cas avec une quantité de liquide plus importante que dans le précédent. Cette latitude abrège quelque peu le temps de l'opération.
DILUTION DE L’ANTIGÈNE.
Cette opération est ici basée uniquement sur le fait que l’opacité d’une suspension microbienne peut être tenue pour proportionnelle à la quantité d'organismes qu’elle contient, lorsqu'ils ont des dimensions voisines et ne sont pas agglutinés.
Le procédé devant être comparé à l’agglutination lente, il y a lieu de connaître la concentration de l’antigène employé pour celle-ci.
I1 est alors facile de ramener la suspension bacillaire que l’on vient d'obtenir à ce même taux. Il existe pour cela des appareils de précision, tels l’opacimètre de Chèneveau
La MOVE
employé surtout pour les recherches sur les vaccins microbiens et les « néphélémètres » de Gâtes et de Mac Farland qu'utilisent les Américains. De tels appareils ne sont pas indispensables ; on peut obtenir une approximation suffsante, si l’on possède un échantillon de l’antigène lent. Il est, en effet, facile d'apprécier, soit par transparence à la lumière. du jour, soit par un éclairement intensif sur fond noir, la concentration de suspensions microbiennes placées dans des conditions identiques.
On peut utiliser, comme nous l'avons fait, les petits tubes à réactions sérologiques. Dans une série de ceux-ci, on met une goutte d’'émulsion pure, on ajoute à chacun d'eux 5, 10, 20, 25 ou 30 gouttes, plus si c’est nécessaire, de solution salée phénolée. La comparaison successive de ces dilutions avec une quantité de même ordre d'’antigène lent donne une première approximation de la concentration de la suspension obtenue au premier temps.
Dans une seconde opération, on serre le résultat de plus près en mettant, par exemple, 22, 23 à 28 gouttes de solution salée, si le premier essai a fait adopter le tube à 25 gouttes. On peut encore contrôler le résultat en opérant avec des tubes plus larges et une quantité 5 ou 10 fois plus importante du mélange.
Dans toutes ces manipulations, il faut veiller à ce que les largeurs de tubes, les épaisseurs de verre, soient rigoureusement identiques, que les pipettes aient une même section et soient employées de la même façon.
On connaît aussi la concentration de la suspension microbienne que l’on a préparée. Il ne reste plus qu’à la diluer de manière à obtenir un antigène dix fois plus concentré que celui de l’agglutination lente.
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VALEUR DE L’ANTIGÈNE.
Les « néphélémètres » ne doivent pas donner de meilleurs résultats que l'opération précédente soigneusement exécutuée. Ils sont basés sur le même principe et n’ont que l'avantage de fournir les repères connus de leurs graduations.
L'’antigène obtenu se conserve bien. A titre d'essai,
nous en avons laissé un échantillon à la température du Laboratoire pendant près de deux mois. Au bout de ce temps nous n’y avons trouvé que de petits amas de microbes, peu volumineux et peu nombreux, qu’une filtration sur une mince couche de coton hydrophile a fait facilement disparaître. Cette opération n'a d’ailleurs pas sensiblement modifié la concentration et la valeur de l’antigène. Nous en avons laissé pendant plus de quatre mois à 0° sans qu'il subisse de ce fait aucune altération. Ceci permet d’en conserver comme témoin une certaine quantité en tube scellé.