CHAPITRE XXVIII
Dans la société du xvn= siècle, la tragédie d'Esthei- fut un événement considérable. — La Brayère imite Kacine auprès de M""' la Duchesse. Sa théorie littéraire expliquée d'après les écrivains du xvi" et du xvii" siècle : le goût des anciens pour le simple et le naturel brille dans Molière et la Fontaine, mais ni dans l'Homme à bonnes fortunes, ni dans le Débauché de Baron. — Aventures galantes de M. de Béthune, dit Cassepot.
— Querelle de M. le duc d'Estrées et de M. le duc de Gesvres ; M. le Prince parait les réconcilier. — Il gagne son procès et fait rompre le testament de M"» de Guise.
— Il cherche querelle à M™° la Duchesse, et fait si bien que le roi casse la chambre de ses filles d'honneur. — Il en est désolé, tombe malade ; M""s la Duchesse va le consoler et le distraire à Chantilly. — M"" de Croissy remplace les filles d'honneur. — M"" la Duchesse prend un ascendant singulier dans la maison de Coudé ; elle se moque de son mari, qui s'en prend à la Bruyère. — ■ Le philosophe rit de M. le Duc tropbien marié, de M. de Marsan mal marié, de M. de Mailly, l'heureux époux de M»'- de Sainte-Hermine. — Satisfaction de Gourville qui vient d'obtenir son brevet d'honnête homme en faisant de la fausse monnaie. — Xaintrailles ne veut pas saluer la Bruyère : le moraliste n'en est pas plus fier pour cela. — Il examine les effrontés qui fourmillent à la cour. — Laujamet et Lassay sont deux types curieux. — Leur histoire : pour ces gens-lii le moraliste est un rustre, un Vulteius, un Tespasien. — Il aime mieux être du peuple que des grands, mais il reconnaît qu'il n'est pas bon de passer pour un philosophe "^14
CHAPITEE XXIX.
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Querelle d'Etienne Michallet avec les Célestins : il veut amener son auteur à faire une 5" édition. — L'auteur regimbe. — Raisons que chacun d'eux fait valoir en faveur de son opinion. — La Bruyère aspire à l'Académie. — Perrault même l'en juge digne, mais Charpentier s'y oppose. — Pourquoi? Il se moque des gens. — Triste métier que celui d'écrivain. — L'auteur hésite à publier sa 5® édition. — Il n'est plus curieux de raconter les folies des autres au public ; il est un homme de bien , c'est-à-dire un chanteur enrhumé qui ne peut phis chanter. — D'ailleurs il est tiiste et pense à la mort. — Qu'est-ce que la vie ? Un sommeil : l'homme qui pense, quel qu'il soit, se pose le problème de la destinée humaine. — La Bruyère ne cherche pas d'autre solution que celle du christianisme : il rappelle quelques-uns des grands motifs qui l'ont déterminé à croire, et fait l'histoire de ses propres pensées depuis sa jeunesse jusqu'à l'année 16H0. — Il raconte même ses illusions sur l'éloquence de la chahe et du barreau, sur les joies de la vie, sur l'amour, sur la philosophie; revenu de ses erreurs, il raille celles des autres : à quoi pensent l'arbitre des bons morceaux, le joueur, celui qui veut faire fortune, le riche, l'homme très riche, le premier noble de sa race, le puissant bourgeois, le grand seignem', le courtisan, le voyageur, le misanthrope, le sceptique, le favori des modes et du bel air? — La vertu seiJe va au delà des temps; où la trouver, si ce n'est dans la religion? mais dans la religion sincère, non pas dans celle des mondains. — Être l'apôtre d'un seul homme suffirait à l'ambition de notre auteur : c'est pourquoi il achève et publie sa â" édition r 252