PREFACE
Je suis novateur , car j'enseigne une science nouvelle ; je vais conduire mes lecteurs dans un filon non encore exploré de cette mine féconde qui s'appelle la physiognomonie. C'est un édifice complet que je vais construire avec les riches matériaux inaperçus par mes devanciers.
Ce titre de novateur, que j'ambitionne parce que je je crois l'avoir mérité, doit nécessairement me mettre en suspicion auprès du plus grand nombre de mes
lecteurs ; néanmoins je n'imiterai pas certains auteurs qui s'agenouillent dans une préface , comme dit un poëte français, et demandent , pour ainsi dire, pardon au public d'avoir tenté d'utiles et importantes innovations.
Non : j'assume résolument toute la responsabilité de mon œuvre, et , si certains hommes qui doutent toujours ou du moins affectent de douter de ce qu'ils n'ont pas inventé eux-mêmes , si certains hommes , dis-je, condamnent mon livre avant de l'avoir lu , je m'en consolerai; de pareils juges sont indignes de connaître la vérité.
Mais aux personnes qui croient aux progrès de l'esprit humain et de la science, qui ne repoussent aucune doctrine avant de l'avoir sagement appréciée , je dois quelques aperçus préliminaires , afin de les pré-* munir contre le& impressions défavorables d'un antagonisme prémédité.
Je suis bugcomancien , en d'autres termes, j'ai cherché à découvrir , dans la conformation de la bouche humaine , des dents , de leur état de conservation ou de détérioration , des indices du caractère , des passions, des goûts, des inclinations de chaque individu.
Dès ma première jeunesse , la bouche fut pour moi un objet constant d'études quotidiennes, individuelles et générales. Que de secrets m'a souvent révélés un doux sourire ! Que de mystères j'ai découvert dans une contraction labiale !
Un monde nouveau s'ouvrait ainsi graduellement devant moi : chaque jour amenait sa découverte ; chaque individu que je voyais pour la première fois devenait pour moi un sujet d'étude. Combien de fois, dans le sourire mélancolique d'une jeune fille , ai-je entrevu les tendres sentiments qui agitaient son cœur, tandis que les lèvres minces et pincées, les dents aiguës de sa voisine me révélaient un fond de médisance, de fausseté de caractère.
En contact quotidien avec les célébrités contemporaines , j'ai pu comparer la bouche du guerrier avec celle de l'homme d'État , les dents de l'homme généreux avec celles de. l'avare ; j'ai pu facilement étudier la conformation et le jeu de la bouche chez la femme passionnée , la coquette , la jalouse , l'inconstante , et les tempéraments reconnus par la science médicale m'ont prêté simultanément le concours de leur séméiotique. J'ai recueilli ainsi une à une les innombrables observations dont se compose mon livre.
Gomme Lavater , mon devancier , j'ai fait tous mes efforts pour que l'intérêt de mes études buccognomoniques aille toujours en croissant ; je ne donne pour certaines que les indications dont je suis sûr moimême : je ne présente les hypothèses que comme hypothèses, je n'avance aucune proposition sans être persuadé qu'elle peut soutenir l'examen le plus sévère.
Aussi je ne demande qu'une chose à mes lecteurs : qu'ils parcourent mon ouvrage sans prévention pour
ou contre moi , pour ou contre la buccomancie qu'ils ne doivent pas confondre avec le buccomancien , car ils pourraient attaquer mes doctrines sans que pour cela la buccomancie cesse d'être une science vraie par elle-même.
De même que la jalousie contesta à Lavater la découverte de son système physiognomonique , de même elle pourra me contester la découverte de la buccomancie. Je m'y attends , et comme il est prudent de répondre par anticipation aux arguments vrais ou faux de ses antagonistes, je leur dirai :
Il est hors de doute qu'avant moi , les savants qui ont écrit sur la physiognomonie en général , se sont occupés de buccomancie , mais indirectement. Dans les ouvrages de Zopire et d'Aristote , il y a des pages entières sur la bouche ; Zopire , après avoir étudié les lèvres de Socrate, constata que ce philosophe, l'un des plus sages de la Grèce, était sujet à des vices honteux. Aristote, dans ses lettres à Alexandre, parle aussi souvent de l'organisation buccale, qu'il compare parfois à la gueule de certains animaux. Montaigne et Bacon mentionnent aussi la bouche dans leurs essais physiognoinoniques. Le Napolitain Porta, dans ses Etudes sur la physionomie , Lachambre , médecin de Louis XIII, dans son Traité sur les passions 3 Pernetti , Camper, Winckelmann, Lebrun, le grand peintre des batailles, Buffon , en un mot tous les écrivains physiognomonistes, Lavater lui-même, le régénérateur, ou plutôt le
créateur de la physiognomonie, ont laissé de savantes et curieuses recherches sur la bouche. Ces illustres auteurs, mes devanciers, je les ai tous consultés; chacun d'eux m'a fourni son contingent d'observations, mais superficielles, incomplètes et fautives ; aussi n'en ai-je pas tiré autant de profit qu'on pourrait le croire.
Je n'ai même trouvé chez eux, à proprement parler, que des indications éparses, partielles, qui m'ont fourni quelques textes précieux , mais qui ne pouvaient être coordonnées que par un travail entièrement neuf. Avant moi , on s'est beaucoup occupé de physiognomonie , mais la buccomancie n'existait que par fragments : c'était un diament brut profondément caché dans les entrailles de la science.
Il y aurait un magnifique ouvrage à écrire sur l'histoire de la physiognomonie , depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. Quel vaste champ pour la physiologie transcendante ! En comparant ensemble les observations de Zopire et d'Aristote , on découvrirait nécessairement leur influence sur les arts , même sur les mœurs publiques de la Grèce. Antoine , Marc- Aurèle, ^line-le-Jeune répandraient un jour nouveau sur les types romains , sur les lignes de démarcation des races italiques.
Dans les temps modernes, les principaux physiognomonistes nous initieraient à bien des secrets sur la marche progressive de la civilisation européenne , jusqu'au moment où Lavater réunit les matériaux
laissés par ses devanciers, et inaugura par ses découvertes l'ère nouvelle de la science physiognomonique. L'appréciation des divers systèmes serait aussi intéressante que curieuse. On pourrait facilement établir le point de contact qui existe entre Lavater et Gall , démontrer même par quels soubresauts , quelles marches et contre - marches la physiognomonie a pu arriver du spiritualisme de Lavater au matérialisme qui sert de point d'appui à la phrénologie.
Mais un pareil ouvrage embrasserait pour ainsi dire la nature humaine , et je me contente de l'indiquer aux savantes spécialités qui s'occupent de physiologie comparée.
Ces préliminaires suffisent d'ailleurs pour démontrer que la buccomancie est une science réelle , sérieuse* je dirai même de la plus haute importance. Mais en ma qualité de novateur , je ne puis et ne dois me présenter à mes lecteurs qu'armé de pied en cap , comme tout homme qui marche d'un pas sûr à la conquête d'une idée nouvelle. Aussi , ai-je cherché d'abord à corroborer mes opinions personnelles du témoignage des plus grands auteurs anciens et modernes. Depuis Salomon jusqu'à Buffon et Cuvier et M. de Humboldt, j'ai tout étudié , tout compulsé , glanant dans le champ de la science humaine quelques épis pour former l'immense gerbe de la buccomancie, Presque certain de trouver des incrédules, je me suis armé, pour les combattre^ ^es textes les plus respectables , les plus authentiques
et les plus concluants en faveur de la buccomancie. qui passe ainsi de prime abord à l'état de science, sans qu'on puisse lui contester cette qualification , à moins qu'on ne veuille aussi la refuser à la physique, à la physiognomonie.
Cette vérité une fois établie , et l'axiome buccognomonique ouvertement posé , j'ai dû réunir des principes généraux , analyser les principaux symptômes buccaux, démontrer, en un mot, que l'organisation de la bouche, c'est-à-dire les joues, les lèvres, les dents, les gencives, la configuration des mâchoires résument, en quelque sorte, la physionomie humaine. Cette démonstration claire , évidente , palpable , je l'ai puisée dans les ouvrages des auteurs qui ont écrit sur la physiologie et la physiognomonie , depuis Salomon , le prophète-naturaliste, jusqu'à Buffon , Lavater et Gall. Tous ces grands hommes ont fait des études spéciales de la physionomie humaine, c'est-à-dire de l'extérieur, de la surface de l'homme en repos et en mouvement ; tous ont pratiqué la physiognomonie , c'est-à-dire la science , la connaissance du rapport qui lie l'extérieur à l'intérieur , la surface visible à ce qu'elle couvre d'invisible. La bouche a été pour eux tous une mine inépuisable d'observations principales, et je défie de citer le nom d'un physiognomonisle qui ne se soit pas occupé d'une manière toute particulière de l'organisation buccale. Les textes ou plutôt les axiomes qui
se trouvent en tête du premier chapitre de mon livre ne laissent aucun doute à cet égard.
Après avoir constaté l'existence de la buccognomonie ou buccomancie , j'ai dû en démontrer l'utilité incontestable. Ici encore , les oracles de la physiologie ancienne et moderne me prêtent leur concours. En effet , Jamblique rapporte que les philosophes du portique, avant d'admettre un nouveau disciple , soumettaient sa bouche à un examen approfondi ; ses lèvres, ses dents , ses gencives , son sourire étaient pour eux autant de moyens diagnostiques qui tous révélaient les vertus ou les vices du récipiendaire.
Aristote etPausanias affirment que plusieurs peuples, avant d'élire un chef, s'assuraient s'il avait les dents fortes et bien rangées. Pline-le-Jeune, Ovide, Horace, é Catulle , Perse et Juvénal , en un mot les naturalistes et les poètes , parlent à chaque instant de la beauté, de la régularité de la dentition de certains individus, et je crois être en droit de dire que toute l'antiquité savante s'est occupée de buccomancie. Quant aux auteurs modernes , ils ne sont pas moins explicites sur cette matière , et depuis que la physiognomonie a pris un nouveau développement par les ouvrages et les doctrines de Lavater et de Gall , la Jjuccognomonie est passée à l'état de fait scientifique, incontestable.
Ce principe une fois admis , puisqu'il est évident, qui pourra nier l'immense utilité de la buccomancie, c'est-à-dire de la connaissance des vertus , des vices,
des passions de l'homme , d'après la conformation de la bouche ? Personne ne s'est avisé de contester les immenses avantages qu'on retire chaque jour de la physiognomonie en général ; or, à quelles minces proportions ne se trouverait pas réduite la science physiognomonique, si elle n'avait pour auxiliaire la diagnostique buccale ? Oui la bouche est le trône des passions ; sur les lèvres siègent l'amour , la haine , la colère , la jalousie, la vengeance ; le sourire se modifie à l'infini ; ce Prothée de la physionomie devient tour à tour franc, loyal , généreux, passionné , langoureux , bienveillant et sarcastique, sincère et ironique ; produit soudain et instantané de la grande contractibilité , surtout de la mobilité des lèvres, le sourire exprime ou dissimule toutes les passions du cœur , tous les sentiments de l'âme, tous les faits de l'esprit.
La conformation de l'ouverture buccale, la grosseur ou l'exiguïté des lèvres , leur couleur plus ou moins prononcée , la forme et la disposition des dents , leur beauté , leur blancheur , leur état de conservation ou de détérioration naturelle ou accidentelle , sont autant de signes révélateurs.
a Tout ce que renferme l'esprit humain , a dit un « célèbre physiognomoniste , est placé dans la boirche « humaine. Dans son état de repos , comme dans la « variété infinie de ses mouvements , elle contient un « monde de caractères. »
Après ces études préliminaires, j'ai dû faire l'appli-
cation de mon nouveau système buccognomonique aux tempéraments, aux nationalités, aux passions, enfin à quelques célébrités contemporaines. J'avais suffisamment prouvé que la buccomancie est une science aussi bien que la physique, la chimie, les mathématiques et la physiognomonie ; il me restait donc à conduire mes lecteurs dans le dédale des passions humaines , des caractères , des penchants , des vertus et des vices , des qualités et des défauts inhérents à chaque individu.
Pour compléter ces démonstrations buccognomoniques et les rendre aussi claires que possible, j'ai été forcé de me mettre en scène , de citer des noms à l'appui de mes assertions , de raconter des anecdotes où je joue le principal rôle. Je me hâte de dire à mes lecteurs que je n'ai eu recours à ce moyen de constatation que dans le seul but de leur prouver jusqu'à l'évidence la vérité du principe buccognomonique, qui devient dès ce jour l'auxiliaire indispensable de la science physiognomonique. Combien de fois n'ai-je pas répété , dans le cours de mes recherches et de mes travaux, ces belles paroles qui contiennent une appréciation aussi complète que poétique de la bouche humaine !
« Que ce membre est différent de toutes les parties « du corps qu'on appelle membres ! Impossible à dé-. « tacher comme à fixer , il est à la fois plus simple, « plus compliqué que tout le reste, L'homme qui con- « naîtrait , qui sentirait profondément et infiniment
« la dignité de ce membre , ne prononcerait que des « paroles divines!... Hélas! pourquoi ne puis-je que « bégayer en tremblant , quand je voudrais parler de « la magnificence et des merveilleuses qualités de la « bouche , qui est à la fois le siège principal de la « sagesse et de la folie , de la force et de la fai- «. blesse, de la vertu et du vice, de la délicatesse et de « la rudesse de l'esprit humain , le siège de tout amour « et de toute haine , de la sincérité et de la fausseté, « de l'humilité et de l'orgueil , de la vérité et de la « dissimulation !... » (1)
Cette citation , empruntée au régénérateur de la science physiognomonique, suffit pour démontrer l'importance de la buccomancie et les avantages quotidiens qu'on retirera de cette étude nouvelle. Quant aux autres objections qu'on pourra me faire , j'y réponds longuement et péremptoirement dans un chapitre de mon livre.
Encore quelques mots , et je termine cette préface* qui est un peu longue , parce que j'avais beaucoup de choses à dire.
Mon livre forme deux parties bien distinctes : 1° la Buccognomonie s ou science du rapport des faits intérieurs révélés par la conformation de la bouche ; 2° la Buccomancie , ou connaissance du passé , du présent
(1) Lavater, Phy.siognom.onie.
et de l'avenir de chaque individu , d'après les signes extérieurs et révélateurs de la bouche.
Gomme personne ne peut contester la buccognomonie pas plus que la physiognomonie , je me borne à donner quelques appréciations de la buccomancie.
On tomberait dans une erreur ridicule , si on me prêtait l'intention de m'ériger en prophète. Il est un axiome épicurien qui dit : Le passé n'est rien, le présent est tout 9 l'avenir est un songe. Mais ce n'est pas ainsi que pense et procède le buccomancien. Pour lui , le passé laisse des signes révélateurs sur la bouche ; le présent, c'est-à-dire l'impression, la passion, le fait du moment, révèlent souvent à ses yeux les pensées les plus secrètes. Quant à l'avenir, il appartient à Dieu seul ; cependant comme tout se lie et s'enchaîne dans la vie de l'homme, et que, comme dit un poêle,
« Un seul jour ne fait pas d'un mortel vertueux « Un perfide assassin , un lâche incestueux , »
le passé et le présent buccognomoniques peuvent conduire d'une manière souvent certaine à la connaissance de l'avenir. Dans le monde moral et intellectuel comme dans le monde physique , il y a des pronostics depuis longtemps admis comme infaillibles et indubitables. De même qu'on reconnaît la diagnostique médicale, de même on doit reconnaître la diagnostique buccognomonique, c'est-à-dire la connaissance des faits inté-
rieurs, passés ou présents , d'après la conforuiation et l'état de l'organisation dentaire.
C'est par la diagnostique buccale seule que je prétends indiquer des règles certaines , je dirai même invariables pour connaître le passé, le présent, l'avenir des individus soumis aux expérimentations de la buccomancie.
Le médecin qui voit sur le visage d'un malade , sur sa langue , ou sur toute autre partie de son corps des signes de mort , et qui annonce l'heure précise du décès, est-il prophète? Non ; il ne fait que diagnostiquer.
Le buccomancien , qui , en inspectant la bouche d'une personne, y trouve des traces indélébiles d'une passion honteuse, y découvre un penchant irrésistible au crime, et qui annonce que cette personne périra misérablement, est-il prophète? Non. Comme le médecin, il ne fait que diagnostiquer, mais ses prédictions sont d'autant plus sûres qu'elles partent d'une étude approfondie de la nature humaine, qui lui sert de base inébranlable.
L'étude , l'appréciation des innombrables phénomènes buccaux , comme signes révélateurs de ce qui se passe à l'intérieur , voilà mon trépied fatidique. Loin de moi la fantasmagorie orientale importée par Cagliostro , les initiations magnétiques inventées par Mesmer. Arrière astrologie, chiromancie, cartomancie et tout le grotesque attirail de la dévination. Je puise
mes intuitions prophétiques aux sources les plus hautes les plus pures ; je ne reconnais pour mes aieux dans la science que les physiologistes et les physiognomonistes ; je descends en droite ligne de Zopire, d'Aristote, de Pline-le-Jeune , de Buffon, de Lavater et de Gall.
La buccomancie , telle que je l'ai étudiée et constituée , donne à l'homme un sixième sens qui lui révèle si ses sympathies et ses antipathies sont réelles ou imaginaires, s'il peut se fier à telle ou telle personne, si tel individu a de bons ou de mauvais penchants.
Un célèbre philosophe se plaignait de ce que la divinité n'avait pas pratiqué une ouverture sur la poitrine de l'homme, pour qu'on pût lire dans son cœur. Cette brèche existera désormais , grâce à la buccomancie, qui mettra mes lecteurs à même de plonger leurs regards scrutateurs dans le dédale ténébreux des passions humaines.
Le fameux Gnoti seauton 3 connais-toi toi-mêmes gravé en gros caractères sur le temple de Delphes, était une maxime incomplète et païenne : il ne suffît pas à l'homme de se connaître lui-même ; il faut aussi qu'il connaisse ses semblables , pour se tenir en garde contre ceux qui sont ses ennemis , pour prévenir les pièges que peuvent lui tendre chaque jour et la haine et l'envie.
Considérée sous ce point de vue , la buccomancie est pour l'humanité une conquête d'autant plus pré-
cieuse que ses indications deviennent nécessaires pour ainsi dire à chaque instant.
J'allume hardiment son flambeau ; s'éclairera qui voudra.
N. B. A peine ai-je fait annoncer que mon ouvrage était sous presse que j'ai été, pour ainsi dire, assailli de personnes qui venaient me consulter comme diseur de bonne aventure et cartomancien, rue Saint-Honoré, 270, et même le soir à ma maison de campagne, dans la plaine de Passy ; ces personnes auraient dû attendre l'apparition de mon livre, elles ne seraient pas tombées dans une erreur si inqualifiable. Je les engage donc, pour que de pareilles scènes ne se renouvellent pas au détriment de leurs occupations et de mon repos, à lire mes études sur la buccomancie ; elles y trouveront l'exposé de mes doctrines , de mes expériences buccognonioniques, et des préceptes pour arriver à la connaissance de plusieurs mystères physiologiques , intellectuels et moraux, d'après la conformation buccale; mon ouvrage leur prouvera, en outre, que je n'ai pas la folie des sciences occultes, et que si je suis sorcier, c'est au même titre qu'Aristote, Buffon, Gall et Lavater, mes devanciers.
Paris, septembre 1851.