A CONSTANTINOPLE
Vénérable Frère, salut et bénédiction apostolique, Nous avons ressenti une extrême joie dans le Seigneur lorsque, après les ditîérentes nouvelles publiées déjà sur le retour des Bulgares à la foi et à l'unité catholique, nous avons vu que cette démarche si salutaire et si désirable avait reçu, grâce à Dieu, un heureux commencement , car en ces jours-ci vous nous avez envoyé, vénérable Frère, les lettres que nous adressent plusieurs ecclésiastiques et laïques bulgares et qui nous apprennent, à notre trèsgrand contentement, que rinspiration de la grâce divine les a retirés de Tabîme d'un schisme très-funeste et fait rentrer dans le sein de FÉglige catholique, cette mère pleine d'amour.
C'est pourquoi ils nous déclarent expressément, dans les mêmes lettres, croire et professer tout ce
que croit et enseigne cette sainte Église romaine, mère et maîtresse de toutes les Églises, et reconnaître avec respect et une pleine soumission le Pontife romain comme le chef de toute TÉglise catholique, le Vicaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur terre, et le successeur du bienheureux PieiTe, prince des Apôtres, de même qu'ils ont tenu à honneur de le déclarer hautement et publiquement par une solennelle profession de foi, formulée devant vous, devant le vénérable Frère Antoine, archevêque-primat des Arméniens, et en présence d'autres préfets apostoliques et prêtres de Tun et Tautre clergé (le clergé latin et le clergé arménien), le 30 du mois de décembre dernier.
Lorsque les susdites lettres des Bulgares nous sont 'parvenues, au milieu des angoisses que nous causent les très-amères calamités qui oppressent l'Église dans ces jours pleins de deuil, et les périls multipliés qui entourent de tous côtés le troupeau catholique, nous avons rendu des actions de grâces, dans toute l'humilité de notre cœur, au Dieu de toute consolation, à qui il a plu d'apporter, par ce joyeux événement, une si douce consolation à notre douleur.
Sans mettre aucun retard, nous avons écrit, vénérable Frère, cette lettre, par laquelle nous vous recommandons d'annoncer en notre nom à ces mêmes Bulgares unis que nous sommes au comble
de la joie de leur retour si désiré à la foi et à l'unité catholique. Et en notre nom aussi, vous les assurerez, dans les ternies les plus affectueux, de la tendresse singulière et toute paternelle que nous leur portons, les embrassant avec amour, comme nos enfants très-chers et comme ceux de TÉglise catholique^ disposé d'ailleurs à exécuter tout ce qui peut contribuer à leur plus grand avantage spirituel. Et pl.ût à Dieu que nous puissions embrasser bientôt et voir réunis à nous et à cette chaire de Pierre tous les autres membres de la noble nation bulgare, principalement ceux qui sont dans les ordres sacrés et ceux qui sont honorés des hautes dignités ecclésiastiques !
Ces mêmes enfants chéris, les Bulgares-unis, nous ont exposé très-respectueusement dans leurs susdites lettres leurs vœux pour la conservation de leurs rites sacrés et légitimes, de leurs cérémonies, de leur liturgie et de leur hiérarchie. C'est pourquoi, vénérable frère, vous confirmerez en notre nom ce que leur a déjà répondu le vénérable Frère Antoine, archevêque-primat des Arméniens, à savoir que nous leur accorderons très-volontiers ce que nous avons exprimé et déclaré clairement et ouvertement dans notre lettre encyclique aux Orientaux du 6 janvier de l'année 18^8.
Nous ne doutons pas aussi que ces mêmes Bulgares-unis ne continuent à servir, avec la fidélité