‹ La Bulgarie d'hier et de demainChapitre 173 sur 198 · LA SITUATION FINANCIÈRE — LES TRANSPORTS — L'ARMÉE · texte numérisé non relu

LA SITUATION FINANCIÈRE — LES TRANSPORTS — L'ARMÉE

La situation financière. — Les transports. — L'armée. — Budgets. — Dette publique. — Propriétés de l'Etat. — La situation monétaire et le change. — Chemins de fer et navigation. — Postes et télégraphes. — Armée.

Budgets.

LA situation financière d'un pays est un peu le critérium pour le juger, lui et le gouvernement qu'il s'est donné. Celle de la Bulgarie peut être considérée comme actuellement assainie «t, si la nation sait, comme on est en droit de l'espérer, résister aux tentations de mouvements politiques intérieurs comme aux trop vastes et trop hâtives ambitions extérieures, si elle persévère avec calme et prudence dans la voie où elle est aujourd'hui engagée, sa fortune ne peut que s'accroître progressivement.

La Bulgarie n'a eu, à ses débuts, de 1878 à 1885, jusqu'à l'incorporation de la Roumélie orientale, que des bugets modestes d'environ 25 à 35 millions, dans lesquels les dépenses de guerre entraient pour un tiers : les recettes étant surtout fournies parles contributions et la dîme. On vivait alors au jour le jour, sans changer pratiquement grand'chose à l'ancien régime turc. Pendant les deux premières années, après l'unloTLdaV^

Bulgarie, on est encore resté avec des budgets d'attente de 48 à 50 millions. Mais, à partir de 1888, on a commencé à mettre le pays en valeur, à y créer des lignes de chemin de fer, des ports, etc..,; nous voyons alors, les dépenses du budget ordinaire restant comprises entre 80 et 95 millions, les dépenses budgétaires totales osciller, pendant une dizaine d'années, jusqu'en 1900, entre 100 et 119 millions (le chiffre maximum de 119 millions ayant été atteint en 1898).

Parmi les dépenses extraordinaires figurent, en première ligne, les constructions de chemins de fer, qui ont été poussées avec une grande activité : en 1890, 10 millions pour la ligne Routschouk- Varna ; en 1888 et 1892, 7 586 000 pour la ligne Tzaribrod- Vakarel ; auxquelles il faut ajouter les dépenses du même genre portées au budget ordinaire : 3542000 en 1889; 11862 000 en 1895; 20 500000 en 1898; 13264000 en 1899; 9 333 000 en 1902. En 1905 encore, 20 millions, provenant du dernier emprunt 1904, ont été affectés à la ligne Tirnovo-Trevna-Boroucktitza. Au total, le capital engagé par l'État dans les chemins de fer atteignait 165 millions en 1903. Le chapitre constructions de ports a absorbé, en outre, 6 millions pour le seul port de Varna et des sommes également importantes pour les ports de Bourgas et Vidin. Par une conséquence directe de ces travaux, le service de la dette, peu à peu accrue, arrive à figurer pour 32 millions dans le budget de 1906.

En regard des dépenses précédentes, les recettes ordinaires ont été, jusqu'en 1895, fournies, comme à l'époque de la domination turque, environ pour les trois quarts, par les impôts directs et spécialement par la dîme, tandis que les impôts indirects rendaient seulement 24 à 29 pour 100 du total. En 1895, on a fait, au contraire, une réforme fiscale ayant pour but de dégrever la terre en frappant surtout l'alcool, les denrées coloniales, le tabac et le sel. Depuis ce

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