‹ La Bulgarie dans le passé et le présentChapitre 113 sur 127 · I. — A.perçii généroK · texte numérisé non relu

I. — A.perçii généroK

Notre étude de la Bulgarie ne serait pas complète si nous ne disions quelques mots d'un pays dont l'histoire a souvent été unie d'une manière intime à celle des Bulgares, et qui occupe encore aujourd'hui une grande place dans les préoccupations de ces derniers.

La Macédoine de nos jours comme l'Italie d'il y a trente-cinq ans n'est qu'une expression géographique; encore l'Italie d'autrefois avait-elle, à défaut d'unité politique, une incontestable unité nationale, tandis que la Macédoine est certainement, de toute l'Europe, la région où se côtoient et s'enchevêtrent le plus grand nombre de races diverses. Les limites physiques de la Macédoine sont, il est vrai, assez nettement tracées, mais elles ne correspondent à aucune division politique ou administrative; à l'ouest la région macédonienne est limitée par les cimes qui, prolongeant le Pinde au nord, rejoignent le Schar-Dagh, après avoir côtoyé les lacs de Presba et d'Okhrida ; au nord-ouest, ses frontières sont clairement dessinées par le Schar-Dagh et le Kara-Dagh ; plus loin, elles suivent, h l'extrémité sud-ouest de la Principauté de Bulgarie, la Dovanitsa- Planina et le Rilo, et rejoignent la chaîne du llho-

dope qui jusqu'à la mer sépare la Macédoine de la Thrace.

L'histoire des Bulgares nous a montré que, de bonne heure, la Macédoine avait fait partie de leurs possessions. Dans les premières années du X« siècle, Siméon étend sa domination jusqu'aux rives de l'Adriatique. A la rin du môme siècle, lorsque le premier empire bulgare tombe aux mains des Grecs, c'est en Macédoine que se maintient un État bulgare indépendant qui, sous Savmely brille d'un éclat passager avant de disparaître de nouveau. Les grands souverains du second empire, Kaloïan, Jean Asen II, comprennent aussi la Macédoine dans les limites de leurs États. Mais au commencement du XIV® siècle, les Serbes s'emparent à leur tour de cette région; ils y pénétrent vers 1278 sous le règne de Miloutin, et en achèvent la conquête sous Douc/ian ; cette domination dura d'ailleurs peu de temps, et dès le dernier quart du XIV® siècle la Macédoine était entièrement occupée par les Turcs.

Depuis lors l'histoire de ce pays n'offre plus rien de saillant; sa position centrale dans l'empire ottoman est môme cause qu'il a été très peu touché parles événements qui, depuis le commencement de notre siècle, ont changé le sort de tant de provinces turques. Cependant sa population, comme nous avons pu le voir dans les chapitres précédents, a souvent pris part aux luttes morales des Bulgares, et, d'un autre côté, chaque fois que ces derniers ont pris les armes, soit pour leur propre défense comme en 1888, soit pour faire cause commune avec leurs frères slaves comme en 1876 et 1877, les Macédoniens se sont trouvés en grand nombre dans leurs rangs.

La Macédoine, dans les limites que nous lui avons tracées plus haut comprend, d'après les divisions administratives actuelles de l'empire ottoman, la totalité du vilayet ou gouvernement général de Salonique, presque tout celui de Monaslir et une portion assez restreinte de celui de Kossovo.

Il est utile de donner ici quelques indications sommaires sur l'organisation administrative des provinces ottomanes. Les vilayets sont, comme on sait, des gouvernements très étendus ; la partie continentale de la Turquie d'Europe, moins la capitale çt sa banlieue, n'en forme actuellement que six. Le vilayet est administré par un vaU, assisté d'un grand nombre de fonctionnaires représentant toutes les branches des services publics. La subdivision immédiate du vilayet est le sandjaky correspondant à peu près par son étendue h un de nos départements, et administré par un vintessarif. Le sandjak se divise à son tour en kazns administrés par des katniakams. Auprès du mutessarif et du kaimakam se trouvent aussi des fonctionnaires de la plupart des services. Enfin, la dernière subdivision administrative est le nahié^ groupe de villages dont l'organisation rappelle les municipalités cantonales de l'époque du Directoire.

A la tête du nahié se trouvent le mndir et son adjoint, ainsi qu'un conseil composé de 4 à 8 membres, élus par les habitants, de même que les deux fonctionnaires municipaux. Les administrateurs et les conseillers du nahié (Joivent appartenir au culte des habitants; si la population est mixte, chaque culte a droit à la moitié des administrateurs, le mudir appartenant h la majorité, l'adjoint à la minorité. Les villages ou hameaux ont aussi, pour chaque communauté nationale

ou religieuse, des chefs de villages (moukhtar) et des conseils locaux élus.

Auprès des valis, mutessarifs et kaîmakams, sont placés des comités consultatifs portant tous le nom de conseil d'adminisUvtion (medjlis i idaré). Ils sont présidés par Tadministrateur même de la circonscription et composés, partie de membres de droit, fonctionnaires et chefs religieux (7 au conseil de vilayet (1), 5 aux autres) et partie de membres élus (6 au conseil de vilayet, 4 aux autres); ces derniers sont choisis en nombre égal parmi les habitants notables musulmans et non musulmans; le mode d'élection est réglé de manière que l'administration exerce une action prépondérante sur le choix de ces délégués; on remarquera en outre que, malgré l'apparente impartialité qui a déterminé la composition de ces conseils, les musulmans possèdent dans tous les cas une forte majorité (9 contre 5 au conseil de vilayet, 7 contre 3 aux autres.)

Les villes principales, non comprises dans les nahiés, possèdent une administration municipale, constituée par un maire ou président (refo) et un conseil municipal {medjlis i beledié) de 4 il 11 membres.

La Macédoine, avons-nous dit, comprend le vilayet de Salonique^ la plus grande partie de celui de Monastir et le sandjak d'Uskup (bulg. Skopié), du vilayet de Kossovo. Voici le tableau des divisions et subdivisions administratives de cette région :

(1) Chef du service judiciaire (naïb), directeur des OnaDccs (dcflerdar), adjoint du vali, sccrctairo général, mufti, archcrêquo ou évoque, grand rabbin.

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