‹ La cabane de l'oncle TomChapitre 47 sur 52 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Le jour le plus long a sa hn; à la nuit la plus sombre succèdent les clartés de l'aurore. L’inexorable temps change le jour du méchant en une nuit éternelle, et la nuit du juste en un jour qui ne doit pas hnir. Nous avons poursuivi notre triste pèlerinage avec notre humble ami jusqu’aux extrémités de la vallée de servitude; nous avons parcouru d’abord les campagnes fleuries du bien-être et de l’indulgence, nous avons été ensuite témoins des cruelles séparations qui éloignaient notre pauvre Tom de tout ce qui était cher à son cœur. Puis nous avons visité avec lui une lie enchantée, où des mains généreuses cachaient ses chaînes sous des fleurs; et enhn nous l’avons suivi jusqu’au moment où le dernier rayon de l’espérance a disparu dans l’ombre de la nuit; nous avons vu comment, au milieu des plus épaisses ténèbres, le firmament des splendeurs invisibles s’est dévoilé à ses yeux, tout

parsemé d’étoiles d’un éclat nouveau et d’une magnificence significative.

L’étoile du malin s’est levée au-dessus des montagnes ; des brises célestes annoncent que les portes du jour vont s’ouvrir enfin.

La fuite de Cassy et d'Emmeline avait exaspéré Legree, dont le tempérament était d’ailleurs si porté à tous les e.\cès de la colère : sa fureur, comme on devait bien s’y attendre, tomba sur le pauvre Tom, qui n’avait aucun moyen de défense. Lorsqu’il annonça précipitamment cette nouvelle aux nègres de son habitation, un éclair de joie brilla dans les yeux de Tom, qui leva les mains au ciel : ce mouvement n’échappa pas à Legree. Il vit en outre qu’il ne se joignait pas à la bande des traqueurs ; il eut d’abord l’intention de l’y forcer, mais, connaissant par une longue expérience l’inflexibilité du noir, lorsqu’on lui commandait de prendre part à un acte inhumian, il ne voulut pas, dans son impatience, retarder, le commencement des poursuites, en entamant une discussion avec lui.

Tom resta donc dans les quartiers avec quelques-uns de ses compagnons, qui avaient appris de lui à prier, et il adressa des vœux au ciel pour que la fuite des deux jeunes femmes fût couronnée d’un plein succès.

Lorsque Legree revint confus et désappointé , toute la vieille haine qui fermentait dans son âme contre Tom, éclata en transports de rage. Cet homme ne le bravait*il pas avec fermeté, avec succès, avec une obstination invincible, depuis qu’il était son esclave ? Ne lui faisait-il pas un genre d'opposition, qui, toujours calme et silencieux, n’en brûlait pas moins le planteur comme une flamme d’enfer?

— Je le hais, dit Legree en s’asseyant le soir sur son lit; je le hais I Après tout, ne m’appartient-il pas ? ne puis-je faire de lui tout ce que je voudrai? qui m’en empêche? je me le demande.

Legree ferma son poing et l'agita violemment, comme s’il eût tenu quehjue chose qu’il eût voulu mettre en pièces.

Mais Tom était un esclave fidèle et précieux ; et quoique ses bonnes qualités ne fissent que rendre plus ardente la haine de Legree, cette considération n’en arrêtait pas moins sa fureur.

Le lendemain il résolut de ne rieu dire encore ; de rassembler

les propriélaires d’esclaves, ses voisins, avec des chiens et des fusils; de cerner la savane, de faire la chasse à fond et d’après un plan bien arrêié : s’il léiississait, tout irait j)Our le mieux, et jls’en tiendrait là ; sinon, il ferait venir Tom devant lui, et alors. . en prononçant ces mois, il prinçaii des dents et sentait son sang bouillonner... alors il dompierait l’esclave ou... et il fil en luimême un aflfreux .serment, auquel son âme acquiesça sans réserve.

Apologisles de l’esclavage, vous dites quel’inlérêt du maitreest une sauvegarde suffisante pour le nègre. Vous savez pourtant que dans sa fureur insensée, l’homme, volontairement et les yeux ouverts, vendrait son âme au diable pour arriver à son but : voulezvous après cela qu’il ménage le corps de son serviteur?

— Bien 1 dit Cassy, le lendemain, en regaidanl par le trou de la charpente pour voir ce qui se passait; bien, la chasse va recommencer aujourd’hui.

Trois ou quatre cavaliers caracolaient dans tous les sens devant la maison ; quelques chiens étrangers se débattaient avec les nègres, qui les tenaient attachés, hurlant et aboyant l’un après l’autre.

Parmi les chasseurs, ily avait deux commandeurs des plantations du voisinage. Les autres étaient des camarades dont Legree avait fait la connaissance à la taverne de la ville voisine, et qui étaient venus se joindre eif amateurs à la chasse aux nègres, comme si c’eftt été une partie de plai.<ir. Impossible d’imaginer une plus horrible bande. Legree leur faisait de copieuses distributions d’eaii-de-vie, ainsi qu’aux nègres qui avaient été détachés, pour ce service, des diverses plantations tlu voisinage. Car il était important qtie les jours où on employait ainsi les esclaves, leur parussent des jours de fête.

Cassy appliqua son oreille au trou de la poutre, et comme le vent du matin soufflait du célé de la maison, elle put facilement saisir une grande partie de l’entretien. Un sourire sarcastique passa sur son visage sombre et austère, lorsqu’elle entendit les trafpieurs se partager le terrain, discuter les mérites spéciaux des limiers, donner des ordres pour le feu et régler le traitement des cajilives, si on parvenait à les prendre.

Cassy abandonna son poste d’observation, et joignant les mains, elle leva les yeux au ciel :

— 0 Dii‘11 piiissanl ! nous sommes tous pécheurs, mais qu’avonsnous fait (Je pins que le reste du monde pbür être traitées ainsi?

Pendant qu’elle articulait ces paroles, il y avait dans ses yeux et dans sa voix une énergie imposante.

— Si ce n’élail pas pour vous, mon enfant, dit-elle en regardant Emineline, j’irais au devant de ces hommes, et je remercierais celui d’entre eux qui voudrait me tuer. A quoi me servira la liberté? pourra-t-elle me rendre mes enfants? pourra-t-elle me rétablir dans la position à laquelle j'étais habituée?

Emmeline, dans sa simplicité enfantine, était presque effrayée par l’humeur sombre de Cassy ; elle la regarda d’un œil inquiet, sans oser répondre ; mais elle lui prit la main avec un mouvement doux et caressant.

— Assez! cria Cassy eu s’efforçant de retirer sa main... vous me décideriez à vous aimer, et je suis résolue à ne plus aimer personne.

— Pauvre Cassy, dit Emmeline, bannissez loin de vous ces sentiments; si Dieu nous rend la liberté, peut-être vous rendrat il auî-si votre lille : dans tous les cas, je serai pour vous comme une fille. Je sais que je ne verrai plus ma pauvre vieille mère; je vous aimerai, Cassy, que vous m’aimiez ou non.

Ces paroles douces et ingénues dissipèrent la sombre tristesse dé la quaiteronne, qui s’assit piès d’Emmeline, lui passa les deux bras autour du cou, et caressa les boucles soyeuses de sa chevelure brune. Emmeline, de son côté, s’étonna de la beauté des yeux de son amie, dans le moment où des larmes en tempéraient l’éclat et la fierté.

— O Emmeline ! dit Cas.sy, j’ai souffert la faim pour mesenhints, pour eux j’ai supporté la soif, et mes yeux s’obscurcissent tant je désire les revoir! Là I là 1 s’écria-t-ellè 'èli sefbapparil la péllrine, il n’y a que désolation, tout est vide ! Si Dieli nie fend triés enfants, alors je pourrai prier.

— Il faut avoir confiance en lui, dit Emmeline, il est notre Père.

— Sa malédiction pèse sur nous, répondit Càssy... il s’est détourné de nous dans sa colère.

— Noii, Cassy ; il sera bon podr nous, espérons en lui, dit Emmeline, je n’ai Jamais désespéré.

La chasse fut longue, animée, opiniâtre, et néanmoins sans résultats I Cassy, avec une joie grave et ironique, examina Legree, accablé de fatigue et découragé , pendant qu'il descendait de cheval.

— Maintenant, Quimbo, dit-il en s’asseyant dans le salon, allez chercher Tom et amenez-le ici au plus vite. Le vieux coquin est l’ânie de toute cette affaire... j’arracherai le secret à celte vieille peau noire, ou je saurai pourquoi.

Samboet Quimbo, quoique ennemis l’un de l’autre, se trouvaient réunis dans le même sentiment, la haine profonde qu’ils avaient vouée tous deux au pauvre Tom. Legree leur avait dit dans le commencement qu’il l'avait acheté pour en faire un régisseur général pendant son absence : ils avaient dès lors conçu contre lui une haine et une jalousie qui ne firent qu’augmenter chez ces hommes dégradés et serviles , dès qu’ils le virent en butte au courroux de leur maître. Quimbo partit donc avec la ferme résolution d’exécuter les ordres qu’il venait de recevoir.

La communication de ce message inspira à Tom le pressentiment de ce qui allait arriver ; il connaissait, eu effet, tout le plan des fugitives et l’endroit où elles attendaient un moment favorable. Il connaissait aussi l’atroce caractère et le pouvoir despotique de l’homme contre lequel il allait avoir à lutter. Mais il trouvait en Dieu la force d’affronter la mort, plutêt que de trahir des femmes sans défense.

Il posa son panier de coton à sa place dans la rangée, et, levant les yeux au ciel, il s’écria :

— Je mets mon âme entre tes mains. Seigneur 1 c’est toi qui m’as racheté, ô Seigneur, Dieu de vérité I

Ensuite il se livra tranquillement aux mains de Quimbo, qui le saisit et l’entraîna avec brutalité.

— Oui, oui, dit le géant en le conduisaut à son maître, vous allez payer cette fois. Notre maître est en arrière avec vous... Il ne vous servirait de rien de ramper maintenant. .. je vous dis qu’on va régler vos comptes, et je ne vous trompé pas : vous allez voir ce qu’il en coûte pour procurer des moyens ^ fuite aux négresses de votre maître! vous allez voir ce qu’on gagne â ce métier.

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Aucune de ces sauvages paroles ne parvint aux oreilles de Tom ; une voix d'en haut lui disait :

« Ne crains pas ceux qui tuent le corps, et, après cela, ne peuvent plus rien faire. »

Les nerfs et les os du pauvre homme vibrèrent au son de ces paroles, comme si Dieu lui-mcrae les eût touchés de son doigt, et dans son âme il sentit les forces de mille âmes réunies. Pendant qu’il poursuivait son chemin, les arbres, les buissons, les huttes de ses compagnons d’esclavage, tout ce spectacle de dégradation, passèrent devant lui comme autant d’objets confus, de même qu’un paysage passe devant les regards d’un voyageur qu’emporte une voiture lancée à toute vitesse. Son cœur battait avec force ; la demeure céleste était devant ses yeux, et l’beure de la délivrance semblait près de sonner.

— Holà 1 Tom ! s’écria Legree eu se précipitant sur lui, le saisissant au collet de sa veste et lui parlant, avec les dents serrées, dans le paroxysme d’une rage résolue à tout, savez-vous que j’ai pris la détermination de vous tuer?

— C’est très-probable, maître, répondit Tom d’un air calme.

— Oui, j’ai résolu... s’écria Legree avec une inflexion de voix pleine d’un calme sinistre et effrayant, j’ai résolu de vous tuer, Tom ; à moins que vous ne me disiez ce que vous savez au sujet de ces deux femmes.

Tom ne répondit pas.

— Entendez-vous ! ajouta Legree, frappant la terre du pied et rugissant comme un lion furieux, parlez donc.

— Je n'ai rien à dire, maître, répondit Tom d’uue voix leute, ferme et résolue.

— Vous osez me dire, vieux chrétien noir, que vous ne savez rien ? répliqua Legree.

Tom garda le silence.

— Parlez donc... hurla Legree en le f appant avec fureur, savez-vous quelque chose?

— Oui, maître, je sais; mais je ne puis rien dire. Je puis mourir.

Legree respira avec force, et, comprimant sa rage, il saisit Tom par le bras, approcha son visage du sien, et lui dit, d’une voix tonnante :

— l'!coute7,, Tom,.. vou^ crojvz, parce que je vous ai déjà éparpué, que je n’ai pas rinieniion de faire ce que je dis ; mais, celle fois, ii;a résolulien esl Lien prise, j’ai l)ien calculé ce que cela me coùlera... vous m’avez toujours tenu lêie... Aujourd'hui je voüs dompterai ou je vous luerai... run ou l’aulre .. je complerai loules les };oulles de voire sang, et je les prendrai une à une, jusqu’à ce que vous cédiez.

Tom leva les yeux sur son maître et répondit :

— Maître, si vous étiez malade, ou dans la peine, ou mourant, et que je pusse vous préserver de la mort, je vous donnerais tout le sang de mes veines ; si, en le prenant goutte à goutte daits ce pauvre vieux corps, on pouvait sauver votre âme, je le donnerais avec empressement, de même que le Seigneur a donné le sien pour moi. Maître, ne chargez pas votre âme de ee crime; il vous serait préjudiciable beaucoup plus qu’ii moi. Faites-moi tout le mal que vous pourrez, mes peines finiront bienlol; mais si vous ne VOUS repentez pas, les vôtres seront éternelles.

Pareille aux accords d’une musique céleste qui se ferait entendre au ndlieu d'une tempête, celte manifestation de sentiments si nobles, si généreux , fut suivie d’un moment d’arrêt. Lcgree demeura immobile et regarda Tom d’un air effaré ; il y eut quelques instants d'un .‘.i profond silence, qu’on aurait pu entendre le balancier de la vieille horloge, dont les aiguilles muettes mesuraient les derniers moments de miséricorde et d'épreuve accordés au cœur endurci du maître.

Blais le silence ne dura qu’une minute : l'irrésolution, l’hésilalalion, la stupéfaction de Legree cessèrent immédiatement; l’esjuil du mal revint plus violent que jamais, le planteur, écumant de rage, se précipita sur sa victime et la terrassa.

Les scènes de sang et de cruauté blessent nos oreilles et hos cœurs, l.’liomne n’a pas la force d’entendre ce qu’il a la dureié de faire. Ce que soulfrenl les nègres , nos frères dans riiumae.ité, nos frères dans le christianisme, ne peut nous être rûcn'iê, même dans le secret de notre intérieur, sans que notre àn e eu soit déchirée. El cependant, ô mon pays ! ces atrocités se commettent à l’oinbre de les lois. O Christ! ton église elle-même les voit presque eu silence 1

Mail; il y eul dans les temps anciens un Homme-T)ieu, qui souffrit aussi et cliangea un instrument de torture, de dégradation, de liotile, en un signe de gloire, d’honneur et de vie immortelle, et là où est son esprit, les flétrissures, le sang, les insultes ne font que rendre plus glorieux le dernier combat du chrétien sur cette terre.

Etait-il .seul pendant cette longue nuit, dans le vieux magasin, le pauvre esclave dont l’àme courageuse autant qu’aimante, avait supporté tant d'outrages et de mauvais traitements?

Certainement non ! il y avait auprès de lui qoelqu’üs, envoyé par iwt seul, comme jadis au Fils de l’Homme.

Son tentateur se tenait aussi prés de lui, aveuglé par sa fureur et sa volonté despotique, le pressant à chaque minute de se soustraire aux douleurs de l’agonie en trahissant l’innocence. Mais son cœur généreux, sincère, resta inébranlable sur l’éternel rocher de la foi. Comme son divin maitre, il savait qu’en sauvant les autres, il ne pourrait se sauver lui-même; les plus cruels toùrmeuts ne lui arrachèrent que des paroles de paix et de salut, de sainte confiance et de prière.

— H est à moitié mort, maitre, dit Sambo touché, malgré lui, de la patience de la victime.

— Frappez-le jusqu’à ce qu’il cède. Allez, allez toujours, vociféra Lcgree. J’aurai jusqu’à la dernière goutte de son sang, à moins qu’il ne révèle ce qu’il sait.

Toin ouvrit les yeux et regarda fixement son maitre :

— Pauvre misérable ! dit-il, voilà donc tout ce que vous pouvez faire 1 je vous pardonne de toute mou âme.

Et le martyr perdit entièrement connaissance.

— Je crois, sur mon honneur, qu’il est tout à fait mort, dit Legree en s’approchant pour l’examiner. Oui, il est mort... Eh bien, sa bouche est close enfin. C’est une consolation.

Oui, Legree; mais qui pourra étouffer le cri de ton âme... de cette âme pour laquelle le repentir, la prière, l’espérance sont devenus impossibles, et où brûle déjà le feu qui ne s’éreindra jamais?

Cependant Tom n’avait pas encore rendu le dernier soupir; ses admirables paroles, ses ferventes prières avaient profondément ému les cœurs des noirs abrutis, qui avaient été les instruments de sou cruel oppresseur. Aussitôt que Legree se fui retiré, ils le cou-

chèrent, et, dans leur ignorance, s'efforcèrent de le rappeler à la vie, comme si c'eût été une faveur pour le martyr.

— Assurément, nous venons de commettre une grande infamie, dit Sambo; mais j'espère que ce sera notre maître qui aura à ren> dre compte de cela, et non pas nous.

Ils lavèrent ses blessures ; ils l’étendirent sur un lit improvisé, fuit avec des balles de coton avarié; l’un d’eux, rentrant dans la maison, demanda à Legree un verre d’eau-de-vie, prétendant qu’il était fatigué et qu’il en avait besoin pour lui-même; il l’apporta intact et le versa dans la bouche de Tom.

— O Tom I dit Quimbo, nous avons été cruels et méchants envers vous.

— Je vous pardonne de tout mon cœur, dit Tom d’une voix presque éteinte.

— O Tom! dites-nous quel est ce Jésus-Christ, dit Sambo, qui est demeuré près de vous toute la nuit?

Ces paroles ranimèrent le mourant, dont l’àme était sur le point de se dégager des liens terrestres ; il prononça quelques phrases enthousiastes sur le Fils de l'Homme, sur sa vie et sa mort, sa présence en tous lieux, et le pouvoir qu’il a de nous sauver.

£t les deux sauvages pleuraient en l’écoutant.

— Comment se fait-il que je n’aie jamais entendu parler du Christ? dit Sambo... mais j’y crois... je ne puis m’en empêcher 1 Seigneur Jésus, ayez pitié de nous I

— Pauvres créatures! dit Tom. Je supporterais avec bonheur tout ce que j’endure en ce moment, si je pouvais seulement vous conquérir au Christ ! O Seigneur I accordez-moi encore ces deux âmes, je vous en supplie I...

Cette prière fut exaucée.

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