ACTE I, SCENE I
Allan me trouve belle.
ROSE
Je le savais déjà.
ALICE
C'est ma main qu'il espère.
ROSE
Et pourquoi pas, vraiment?
ALICE
Ohî quoi bonheur, ma mère !
ROSE
Oui, oui, va, mon enfant ?...
Ensemble.
Comme une fauvette...
Hélène, les arrêtant.
Attendez... j'y suis, je croi ?
(Cherchant.)
Comme une fauvette!...
Chante ma fillette!...
ALICE
Eh ! non, ma mère, écoutez-moi.
(A trois voix.) Comme une fauvette, etc.
A la fia de la ritournelle , Rose va doucement passer son bouquet sous le nez de Robin, qui s'éveille en sursaut.
robin, se. levant vivement.
Hein?... Ah ! oui ! j'y suis !... Vive Cromwel ! vive le protecteur!... vive le parlement!
rose, riant. Allons! toujours la même chose!... Vive, vive Cromwel !... Et il y a deux ans qu'il est mort.
ROBIN
C'est égal!... l'habitude... Je suis politique comme feu mon père, moi!... et jecrierai toujours tout cequ'on voudra : ça n'engage à rien. Mais qu'est-ce donc qui me démange et qui m'a piqué le nez?
ROSE
C'est moi, pour t'cvcillcr : tu ne fais que dormir.
PQ
ROBIN
Ce que je n'en peux plus ! Vous êtes ici bien Iranquilles, vous autres, aucune grande route ne mène à ma ferme, au milieu des bois; mais, moi, je viens de passer trois jours et trois nuits au château pour y héberger les compagnies du général Monk, qui défilent vers Londres comme une procession.
alice, s' approchant et avec intérêt.
Et cela finira-l-il , mon cousin? Ces soldats sont-ils toujours méchans et cherchent-ils encore les cavaliers pour les tuer?...
Elle regarde la grange.
ROBIN
Pardi ! c'est leur état. Ils m'ont fait des frayeurs !... Mais, enfin, j'en suis quitte... (A Rose.) et me voilà gaillard et*a votre service, mylady, pour vous conduire gaiement à la noce de nos voisins, comme vous en avez le désir.
ROSE
Oui, cela m'amuse de danser, mais avec toi, mon ami Robin ; quand tu n'es pas là, je ne suis pas contente.
C'est bien de l'honneur pour moi; je vous mènerai dans la carriole. Mais il faut que je donne un peu d'avoine à la petite jument... (A Alice.) Voyons, Rose, la clef de la grange : elle n'est pas sur la porte. alice, avec émotion.
Oh ! tranquillisez-vous, Robin, j'ai eu soin de tout en votre absence... (A part.) Mon Dieu! toujours trembler!
ROBIN
Merci, ma cousine. Et maintenant , que j'embrasse ma pauvreïlélène. Comment va sa tête ? A-t-clle été un peu tranquille?
ALICE
Au contraire : hier, au moment de l'accès qui la tourmente chaque soir, elle fut plus agitée que jamais.
ROSE
Au château ! criait-elle î... Mes enfans ! au château !