ACTE V— SCÈNE II
ma sœur dans ces planches... Nous l'avons couchée sur un lit de copeaux et sur des habits de maçon que nous avons trouvés... elle dort... et nous avons bivouaqué là... sur des brouettes !
CORDENBOIS, passant sa tête par l'ouverture.
Pst ! pst !
Hein ?... ah ! vous m'avez fait peur !
CORDENBOIS.
Il n'y a personne ?
CHAMPBOURCY.
Non !
CORDENBOIS, entrant en scène dans son costume du quatrième acte.
Ah ! quel voyage, mon Dieu !... quel voyage !
CHAMPBOURCY, à part.
Voilà !... c'est son refrain depuis hier soir !
COLLADAN, passant la tête au-dessus des planches et faisant un signal.
Prrrrrit ! prrrrrit !
CHAMPBOURCY.
A l'autre, maintenant...
COLLADAN.
Peut-on entrer ?
CHAMPBOURCY.
Oui.
i6o LA CAGNOTTE
COLLADAN, entrant en scène et cri.it. ml t « mi .1 coup. Ils sont tous les trois couverts de plâtre.
("est une infamie ! c'esi une horreur ! ça ne peut pas durer comme ça ! Je proteste !
CHAMPBOURCY.
Qu'avez-vous ?
Je suis las de dormir dans les démolitions, de dîner avec des brioches et de ne pas déjeuner du tout !
CORDENBOIS, plaintif.
Quel voyage, mon Dieu ! quel voyage !
CHAMPBOURCY.
Mais soyez donc tranquilles... dès que ma sœur sera réveillée, nous partirons pour La Ferté-sous- Jouarre...
COLLADAN.
Mais avec quoi ? puisqu'on ne nous a rien laissé... pas un rouge liard ! C'est une infamie ! c'est une horreur ! Je proteste !
CHAMPBOURCY.
Nous n'avons pas d'argent... c'est vrai ; mais Cordenbois en a, lui !
CORDENBOIS.
Moi?
CHAMPBOURCY.
Dame ! vous n'étiez pas avec nous chez le commissaire ?
COLLADAN.
C'est vrai !
CORDENBOIS.
Permettez... je suis parti avec cent quatorze francs pour mes dépenses personnelles.