TE V — SCÈNE II
CHAMPBOURCY, à Colladan.
A vous...
COLLADAN.
Avec los dix sous, je propose d'acheter du pain. 1 1 des saucisses... voilà !
CHAMPBOURCY.
Eh bien, après ? quand vous les aurez mangés ?
COLLADAN.
Ah, dame !
CHAMPBOURCY.
Remarquez-vous comme vous avez l'intellij
ratatinée ?...
CORDENBOIS.
Que voulez- vous ! l'adversité me flanque par terre !
CHAMPBOURCY.
Moi, c'est le contraire... je grandis avec les difficultés !... de péril m'exalte !... j'étais né pour randes choses... Je vais d'abord acheter un timbre à vingt centimes.
Mais ça ne se mange pas !
CORDENBOIS.
Il ne nous restera plus que six sous... Quel voyag
( HAMPBOURCY.
Avez- vous confiance en moi, oui ou non ?
COLLADAN.
Allez !
CHAMPBOURCY.
J'écris à Baucantin, notre ingénieux receveur
des contributions ; je le prie de nous envoyer cinq cents francs.
CORDENBOIS.
Cinq cents francs !
COLLADAN.
Nous sommes sauvés !
CORDENBOIS.
Mais si on ne lui affranchissait pas la lettre ?
C1IAMPBOURCY.
Je le connais... il la refuserait.
CORDENBOIS.
C'est juste.
COLLADAN.
Je demande à placer une observation... Où nous ferons-nous adresser la réponse ?... nous n'avons pas de domicile, nous sommes traqués, poursuivis !...
CORDENBOIS.
Et comment vivrons-nous d'ici là ?
CHAMPBOURCY.
Enfants de La Ferté-sous-Jouarre ! croyez en moi !... Autrefois, quand je venais à Paris, je descendais rue de l'Echelle, hôtel du Gaillardbois... je payais grassement la bonne... elle doit se souvenir de moi...
CORDENBOIS.
Eh bien ?
COLLADAN.
Après ?
CHAMPBOURCY.
Je me fais adresser la réponse de Baucantin à l'hôtel du Gaillardbois ; nous nous y installons,