ACTE I — SCÈNE II
BLANDINET, lisant.
« Mais des raisons, dont vous apprécierez la valeur quand je vous les aurai fait connaître, m'obligent à prendre une grave détermination... »
LÉONCE
HENRIETTE
Parfait !
Après ?
BLANDINET.
Voilà !... j'en suis resté là...
HENRIETTE et LÉONCE.
Comment ?
BLANDINET.
Dame ! je leur annonce des raisons et je n'en ai pas à leur donner... Ah ! si j'en avais ! mais je n'en ai pas !... ma maison est ce quelle était quand je la leur ai louée... je ne l'ai pas agrandie... je ne l'ai pas embellie... au contraire... les plafonds sont noirs, les serrures crient... mais ce serait à eux à me demander de la diminution ! Il faut être logique !
HENRIETTE
Sans doute, mon ami... mais puisque tout augmente.
BLANDINET, s'animant.
Non ! c'est cruel, c'est odieux, c'est méchant, ce que vous voulez me faire faire là !
LÉONCE
Mon père !
HENRIETTE
Voyons... voyons... ne parlons plus de cela... et viens te mettre à table...
BLANDINET.
Non... je n'ai pas faim... Quand on a une pareille lit tre à écrire...
Ml NRIETTE.
I h bien, tu l'écriras plus tard, pour le terme prochain.
BLANDINET, enchanté.
C'est cela... ça me donnera le temps de chercher des raisons... de bonnes... s'il y en a ! (ils s'asseyent à table.) Ah ! ça va mieux ! (A Léonce.) Passe-moi des radis... A propos, tu sais que mon frère François arrive aujourd'hui d'Elbeuf ?
HENRIETTE
J'ai fait préparer sa chambre.
LÉONCE
Je suis bien sûr que mon oncle augmente ses locataires, lui.
BLANDINET.
S'il a des raisons, il fait bien... Quand j'ai des raisons je suis très ferme... je suis même un peu Turc...
HENRIETTE
Toi!
LÉONCE, riant.
Ce pauvre père !
Témoin Williams, notre ancien cocher...
HENRIETTE
II se grisait tous les jours.
LÉONCE
Il nous versait trois fois par semaine.