ACTE I — SCÈNE XII
LAURE
( est un sachet pour serrer les mouchoirs... un lot pour une loterie de bienfaisance... dont je place les billets...
FRANÇOIS, à part.
Aïe ! j 'ai mis le pied sur une trappe !
LAURE
Il s'agit de pauvres orphelins à secourir...
FRANÇOIS, à part.
Je la connais, celle-là !
LAURE, qui a tiré des billets de sa poche. Combien en désirez- vous ?
LÉONCE
Allons, mon oncle !
FRANÇOIS
Oh ! moi !... j'ai souvent pris de ces machines-là... et je n'ai jamais gagné qu'une fois... une paire de pantoufles... trop petites !
LAURE
Voyons, je vous porterai bonheur...
FRANÇOIS
Allons! en tenez-vous pour vingt francs?... Alors, donnez-m'en !... (A part.) Quand on a fait des affaires avec le père...
Il donne vingt francs, Laure lui remet les billets. BLANDINET entre en calculant sur son carnet. Trente et un mille... et vingt-cinq Lyon à mille quarante... J'aurai mon affaire... (Voyant Léonce.) Ah ! Léonce !
LÉONCE
Mon père ?
BLANDINET.
Prends ton chapeau et cours chez Diirandct, mon agent de change... lu lui diras de nu- vendre vingt-cinq Lyon... au mieux.
LÉONCE
Oui, mon père...
B] A.NDINET.
En te pressant un peu, tu arriveras avant la lin de la Bourse.
LÉONCE
Je vais prendre un cabriolet... Mon oncle... Mademoiselle...
Il sort. Laure l'accompagne, puis elle redescend à
gauche, s'assied près du guéridon et travaille.