ACTE II — SCÈNE II
LÉONCE, entrant par la gauche, deuxième plan, son chape tu sur la tête.
Tiens ! c'est toi !
TIBURCE
Bonjour, Léonce... j'attends papa...
LÉONCE
Il n'est pas encore levé.
TIBURCE
Je le sais... il a dîné hier avec ton père... et tout me porte à croire que ces deux burgraves ont fortement causé avec la veuve Cliquot...
Qu'est -re que ça veut dire ?
TIBURCE
C'est un mot de mon quartier... pour indiquer qu'on n'aime pas la bière...
LÉONCE
Tu seras donc toujours fou ?
TIBURCE
Papa n'est pas là... et pourtant je ne suis pas en train de rire ce matin.
LÉONCE
Tu as du chagrin ?...
TIBURCE
Ah bien, oui!... non... mais j'ai douze mille francs de dettes !
LÉONCE
Toi ! des dettes ?...
TIBl R( E.
Dame ! depuis deux ans que papa m'a coupé les vivres... il a bien fallu m'adresser au crédit public, et dans ce moment il se fâche, le crédit public !
I ÊONCE.
Comni.
Il me lance des petits carrés de papier... avec
dos images dans le coin...
LÉONCE
Du papier timbré... on te poursuit ?
TIBURCE
Ça m'en a l'air... je ne sais pas comment ces gredins-là ont appris que papa était à Paris... ils profitent de la circonstance...
LÉONCE
Que vas-tu faire ?
TIBURCE
Je n'en sais rien... donne-moi un conseil...
LÉONCE
Tu n'as qu'un parti à prendre, c'est de tout avouer à ton père...
TIBURCE
Non !... cherche autre chose !...
LÉONCE
A ta place, c'est ce que je ferais...
TIBURCE
Oui ! mais ton père et le mien... ça fait deux. Ton père, c'est un brave homme... c'est une caisse qui