ACTE II — SCÈNE III
FRANÇOIS
De quoi ris-tu ?
De votre mot... aplati... c'est très spirituel !
FRANÇOIS, sèchement.
Je n'aime pas les courtisans...
TIBURCE, à part, cessant de rire.
Mal disposé...
FRANÇOIS
Qu'est-ce que c'est que cet élève que tu vas voir ?
TIBURCE
Oh ! mon Dieu !... c'est un élève. (A part, frappé d'une idée.) Tiens !... si je pouvais... (Haut.) C'est plutôt un client qui m'a fait prier de passer pour me demander une consultation...
FRANÇOIS
Payée ?
TIBURCE
Parbleu !... voici l'affaire...
FRANÇOIS
Combien ?
TIBURCE
Vingt-cinq francs.
FRANÇOIS
C'est gentil...
TIBURCE
Voici l'affaire... mon client est un fils de famille... un jeune homme charmant... doux... honnête... qui aime bien son père !... oh ! il aime bien son père... mais il a eu le malheur de faire des dettes...
FRANÇOIS
Des dettes ?...
TIBUR< E
Oh ! pas beaucoup... douze mille francs.
FRANÇOIS
Douze mille francs de dettes?... (Avec véhémence.) Tu diras de ma part à ton client que c'est un polisson...
TIBURCE
Permettez, il a pour excuse...
FRANÇOIS
Il n'y a pas d'excuses... un jeune homme qui a un père... qui appartient à une famille respectable... et qui se vautre dans la fange de l'emprunt... ne peut être qu'un polisson !
TIBURCE
Mais...
FRANÇOIS, avec colère.
Voyons ! est-ce ton avis, oui ou non ?
TIBURCE
Oui !... c'est un... polisson !
FRANÇOIS
TIBURCE, à part.
Décidément je ne lui parlerai pas de la chose aujourd'hui.
FRANÇOIS
Si un pareil malheur t'arrivait...
TIBURCE
Eh bien !