ACTE II — SCÈNE VI
LÉONCE
Mon rêve serait de l'épouser.
BLANDINET.
Dame ! mon ami, si c'est ton goût...
LÉONCE
Hier, j'en ai touché deux mots à son père... et il m'a dit que je pouvais espérer...
BLAXDIXET.
Comment ! son père ?... c'est impossible !
LÉONCE
Ouoi donc ?
BLANDINET.
Dans sa position.
LÉONCE
Mais il me semble que la position de M. Aubertin...
BLANDINET.
Lui ! il est ruiné...
Il se lève.
LÉONCE, se levant aussi.
Comment ?
J'en sais quelque chose... je dois lui prêter cinquante mille francs demain matin.
LÉONCE
Ce n'est peut-être qu'un embarras momentané.
BLANDINET.
Certainement... je ne soupçonne pas Aubertin... c'est un ami... mais tu as une belle dot... et des espérances !... et on pourrait croire... François ne manquerait pas de croire... que M. Aubertin spécule sur ton amour pour sa fille.
LÉONCE, indigné.
Oh ! mon père !...
BLANDINET.
Ce n'est pas moi... c'est François qui parle... la petite est jolie et il s'en sert comme d'une amorce...
LÉONCE
Est-ce bien vous, si bon, si bienveillant ?
BLANDINET.
Mon ami... je connais les hommes... depuis hier soir...
LÉONCE
Pouvez-vous parler ainsi d'un vieil ami ?
BLANDINET.
Ce n'est pas moi... c'est François...
LÉONCE
En vérité, mon père, vous m'affligez...
Mais que veux-tu que je te dise ? . . . c'est François. . .
LÉONCE
Prêter de pareils sentiments à une famille que depuis mon enfance vous m'avez appris à aimer et à respecter...
BLANDINET.
Mais encore une fois...
LÉONCE, en sortant par la gauche, premier |
Ah ! tenez, je ne vous reconnais plus...