‹ La cagnotte, et autres comédiesChapitre 232 sur 333 · HENRI · texte numérisé non relu

HENRI

Mais pourquoi ces défiances, ces soupçons ?

BLANDINET.

La vie est une promenade... j'ai reconnu que le chemin était mauvais... et je porte des lunettes !

HENRIETTE

Tu vas te rendre malheureux pour des misères...

BLANDINET.

Du tout !... J'en ai pris mon parti !... je suis très gai !... j'éprouve un plaisir acre à suivre à la piste toutes les petites gredineries de mes semblables... j'étudie les animaux nuisibles.

HENRIETTE

Peux-tu parler ainsi de gens qui t'estiment, qui t'aiment, qui t'ouvrent leurs maisons...

BLANDINET.

Mais l'araignée aussi ouvre ses salons aux bonnes petites mouches qui passent...

HENRIETTE

Oh ! quelle comparaison !

BLANDINET.

Vois- 1 u, jesi rais bien heureux. . . mais bien heun ■ 1 1 \ ! si quelqu'un venait me demander un service...

HENRI] l I i .

A la bonne heure, je te reconnais !

BLANDINET.

Oui... je le refuserais... avec sensualité !

HENRIETTE

Comment !

BLANDINET.

Ah ! je commence à comprendre le bonheur qu'on éprouve à désobliger ses contemporains !

HENRIETTE, riant.

Mais c'est de la férocité !

BLANDINET.

Du tout ! C'est de la civilisation... Tiens ! voilà ton livre de dépenses... (il le lui remet.) Ah ! tu ne sais pas, mon chapelier... c'est un voleur !

HENRIETTE, prenant le livre, le pose sur la table et passe à droite.

Par exemple !

BLANDINET.

Je viens d'en acquérir la preuve... il me compte quatre chapeaux cette année... et je n'en ai pris que deux... un père de famille ! c'est très drôle !

HENRIETTE

Il y en a deux pour toi, et deux pour Léonce.

BLANDINET.

Ah ! tu es sûre ?

HENRIETTE

Certainement.

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