ACTE III — SCÈNE VII
si je consultais François?... A quoi bon?... Après tout, je ne suis pas chargé de rembourser les bateaux de ce monsieur, moi !... J'ai une femme... des enfants... c'est-à-dire... et j'irais compromettre leur patrimoine ?... Non ! ce serait trop bête! (il remet vivement le billei ms sa poche.) Je vais lui écrire... Après tout, je défends mon bien !... je ferme les serrures!...
(Il se met à la table et écrit.) « Mon cher ami, une
« catastrophe imprévue m'empêche de te prêter les
«cinquante mille francs que je t'ai promis... C'est
«pour moi un chagrin dont je ne me consolerai
jamais... A toi de tout cœur... » Ça se met toujours
quand on refuse !
^ Il sonne.
JOSEPH
Monsieur a sonné ?
BLANDINET.
Cette lettre à son adresse... tout de suite...
JOSEPH
Y a-t-ii une réponse ?
BLANDINET.
Non... vous ne l'attendrez pas !
JOSEPH
Bien, monsieur, je prends mon chapeau et j 'y vais tout de suite.
Il sort.
BLANDINET, seul.
Ah ! ah ! que c'est mal, ce que je viens de faire là !... c'est lâche !... c'est méchant !... c'est cruel !... un vieil ami ! (Appelant.) Joseph ! (Se ravisant.) Eh bien, tant mieux !... c'est bien fait !... je deviens coquin ! je me bronze !... comme les autres !
Joseph traverse le fond et se rencontre avec Aubertin.