SCÈNE X
Les Mêmes, HENRIETTE, LÉONCE.
HENRIETTE, entrant par la gauche, suivie de Léonce, et les voyant tous deux s'essuyer les yeux.
Comment, des larmes ?
LÉONCE
Qu'est-ce qu'il y a ?
JOSEPH
Ah ! madame... monsieur est ruiné !...
LÉONCE et HENRIETTE.
Ruiné !
BLANDINET.
Que voulez-vous ! la confiance ! la bêtise !
HENRIETTE
Mon ami !
LÉONCE
Mon père !
HENRIETTE
Ah ! je comprends maintenant tes inquiétudes... les réformes que tu voulais introduire dans notre dépense...
JOSEPH
Sans cela, est-ce qu'il aurait jamais pesé le boucher !
HENRIETTE
J'ai dos diamants... des dentelles... nous les vendrons...
BLANDINET.
Elle veut vendre ses diamants !
Et ce malin encore vous m'offriez cent francs par mois ! Oh ! je n'en veux pas, mon père... je suis jeune, je travaillerai... C'est à moi maintenant de pourvoir à vos besoins...
BLANDINET.
Brave garçon !
HENRIETTE
Pauvre ami ! nous te serrerons si bien entre nos deux cœurs, que tu ne sentiras pas le froid de la misère !
JOSEPH
Entre nos trois cœurs !
Ils sanglotent tous les quatre.
BLANDINET, prenant sous ses bras le bras de Léonce et celui d'Henriette.
Oh ! continuez ! continuez ! Si vous saviez le bien que vous me faites ! Oh ! la famille ! il ne faut croire qu'à cela... et un peu aux domestiques ! (A Joseph.) Merci, Joseph... ceci vous absout !
JOSEPH
De quoi donc, monsieur ?
BLANDINET.
Oh ! rien... presque rien... Hier... le sucre... l'eaude-vie... mais ne parlons plus de ça !
JOSEPH
Hier... mais c'est M.Tiburce qui s'est fait un grog...