SCÈNE XIII
COQUENARD
Un instant... je viens chercher les quatre mille francs dont je vous ai parlé.
CHIFFONNET, à part.
Et sa femme qui m'a fait promettre... (Haut.) Mon cher ami, j'en suis désolé, mais cette rentrée sur laquelle je comptais... enfin, je n'ai pas d'argent !
MACHAVOINE.
Pas d'argent ! pourquoi que vous dites ça ? (A Coquenard.) Il en a, mais il ne veut pas vous en prêter !
CHIFFONNET.
Ah ! mais... ah ! mais il m'agace !
COQUENARD
Comment ! Chiffonnet !
CHIFFONNET.
Croyez, mon cher Coquenard, que, si j'avais cette somme, je serais heureux, oh ! mais bien heureux de pouvoir vous l'offrir.
.MACHAVOINE, à lui-même.
Oh ben ! si ce n'est que ça !...
Il va à la petite table.
CHIFFONNET.
Ce subalterne ignore l'état de mes caisses ; la vérité est qu'il me reste sept francs pour dîner à trente-deux sous.
MACHAVOINE, se plaçant entre Chiffonnet et Coquenard.
Soyez heureux, voilà les quatre mille francs.
Il donne le portefeuille à Chiffonnet.
(.'111 1 1 ■< >NNET, cachant Le portefeuille.
L'animal !
COQUENARD, à Machavoine.
Comment !
MA< HAVOINE.
I e portefeuille que j'ai trouva et que j'ai rapp< H ta...
CHIFFONNET.
Oui... je l'avais oublia... non ! oublié dans ce tiroir. (A part.) Mais c'est la grêle, la peste, que cet Auvergnat ! (Il jette le portefeuille au nez de Machavoine et donne les billets à Coquenard.) Voici !...
COQUENARD, mettant les billets dans sa poche.
Ah ! mon ami, que de remercîments !
CHIFFONNET.
II n'y a pas de quoi !
COQUENARD
Adieu... à ce soir... je suis pressé, (il prend son
chapeau et aperçoit l'ombrelle que sa femme a oubliée sur un
meuble.) Tiens, c'est extraordinaire.
CHIFFONNET, à part.
Fichtre de bigre !
COQUENARD redescend.
A qui ça ?
CHIFFONNET, embarrassé.
C'est une ombrelle !... Un cadeau que je viens de faire à ma nièce....
COQUENARD, soupçonnant.
Ah!