‹ La cagnotte, et autres comédiesChapitre 296 sur 333 · SCENE PREMIERE JUSTIN, puis NORINE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE JUSTIN, puis NORINE

Au lever du rideau, le lit est fermé par les rideaux. JUSTIN*, entrant à pas de loup.

Monsieur dort encore... ne le réveillons pas. (Regardant la pendule.) Neuf heures!... Il est flâneur, monsieur... (il éternue.) Cré rhume !... ça me tient dans le cerveau !

NORINE, entrant sur la pointe des pieds. Elle tient un pot de tabac et deux bouteilles.

Eh bien, est-il réveillé ?

JUSTIN

Pas encore... Il est si flâneur, monsieur f

NORINE

Hein ?... Je vous prie de parler avec plus de respect...

JUSTIN

< »li ! pardon !... Fau1 il le prévenir que madame

esl là?

NORINE

Gardez-vous-cn bien !... C'est aujourd'hui sa fête, à ce pauvre ami... et je veux lui faire une surprise... un pot de tabac, garni de maryland.

Elle le pose sur la cheminée.

JUSTIN, à part.

Mâtin !... du maryland !... Je m'en offrirai une pipe.

NORINE

Plus, ces deux bouteilles de genièvre... sa liqueur favorite.

JUSTIN, à part.

Je m'en offrirai aussi une pipe. (Haut, s'oubliant.) C'est bien... posez ça là !

NORINE

Comment ! posez ça là ?

JUSTIN

Oh ! pardon !

NORINE

Je veux, au contraire, les porter dans le petit salon... De cette façon, il aura une surprise... en partie double, ce cher ange !

JUSTIN, à part.

Que cette femme est romanesque pour son embonpoint !

NORINE, prête à sortir.

Ah ! Justin, on a collé hier du papier dans le cabinet de monsieur... vous y allumerez un réchaud pour le faire sécher.

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