‹ La cagnotte, et autres comédiesChapitre 308 sur 333 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LENGLUMÉ, bas.

Mais tais-toi donc ! (Haut, à sa femme.) T'en offriraije, ma louloute ?

NORINE, sèchement.

Merci ! puisque la sauce est mauvaise !

MISTINGUE.

Moi, je fais revenir mes oignons... j'ajoute un verre de vin blanc, et je tourne, je tourne... pour que ça mijote.

NORINE, à part.

Quel drôle de notaire !... (Haut.) Justin... donnezmoi le journal.

JUSTIN, à part.

Saprelotte !... je l'ai prêté à la cuisinière du premier, pour lire son feuilleton !...

MISTINGUE.

Vous ne mangez pas, madame Louloute ?

NORINE, furieuse.

Il m'appelle Louloute !

LENGLUMÉ

C'est un lapsus... Un peu d'omelette?

NORINE

Je n'ai pas faim.

JUSTIN, prenant un journal qui enveloppe le pot à tabac.

En voilà un vieux... 1837... Après ça, elle ne lit que les chiens écrasés, ça n'a pas de date.

NORINE

Eh bien... ce journal ?...

JUSTIN

Voici, madame.

I ENGLUMÉ, à Mistinguô qui se verse du vin.

Voulez-vous de l'eau ?

MISTINGUE.

Jamais !... je suis au régime.

LENGLUMÉ, à part.

Ceci m'explique son nez.

Justin prend un plat et sort.

NORINE, qui a parcouru le journal.

Ah ! mon Dieu ! quel épouvantable événement !

MISTINGUE et LENGLUMÉ.

Quoi donc ?

NORINE, lisant.

« Ce matin, rue de Lourcine, le cadavre d'une jeune charbonnière a été trouvé horriblement mutilé... »

LENGLUMÉ

C'est affreux !... Je reprendrai de l'omelette !

MISTINGUE.

Moi aussi !

NORINE, continuant.

« On suppose que les assassins étaient au nombre de deux... »

LENGLUMÉ

Deux contre une femme ! les lâches !... Elle est un peu salée.

MISTINGUE.

Trop.

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