‹ La cagnotte, et autres comédiesChapitre 318 sur 333 · SCENE XII NORINE, puis POTARD · texte numérisé non relu

SCENE XII NORINE, puis POTARD

NORINE, seule.

Bien sûr, il y a quelque chose... cette figure renversée... quand j'ai voulu ouvrir ce pot de tabac... qu'est-ce que ça peut être ?...

Elle s'en approche.

POTARD, entrant.

Oh ! ma cousine, c'est trop !... Vous avez fait des folies.

NORINE, s'éloignant du pot à tabac sans l'avoir ouvert.

Quoi donc ?

POTARD

Une robe brodée... et deux petits bonnets !...

NORINE

Ne parlons pas de ça... N'êtes- vous pas notre seul parent du côté des Frottemouillard ?

POTARD

C'est vrai... Vous êtes si bonne pour moi... ■ ela m'encourage, cousine, j'ai une demande à vous faire.

NORINE

A moi ?

POTARD

C'est-à-dire à votre mari.

NORINE

Voyons !

POTARD

("est que... c'est une demande d'argent.

NORINE

Eh bien, qu'est-ce que ça fait ?

POTARD

Pendant sa grossesse, ma femme a eu des envies ruineuses... elle ne voulait manger que du melon et des fraises...

NORINE

Moi, j'avalais des boîtes de sardines.

POTARD

J'aurais préféré des sardines, parce que les melons et les fraises... au mois de janvier... ça coûte cher !... mais j'avais peur que le petit n'en fût marqué.

NORINE

Mon filleul marqué d'un melon, quelle horreur !

POTARD

Bref ! je dois quinze cents francs à un marchand de comestibles qui me poursuit !

NORINE

Eh bien, il faut les payer... nous sommes riches.

POTARD

Ah ! cousine !

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