‹ La cagnotte, et autres comédiesChapitre 333 sur 333 · SCÈNE XXI · texte numérisé non relu

SCÈNE XXI

NORINE

Et vous étiez tellement abruti par l'alcool, qu'il a fallu vous enfermer dans la cave au charbon !

Attends ! (Fouillant à sa poche.) Il m'en reste un morceau... Je vais t 'expliquer...

NORINE

On nous attend pour le baptême, monsieur : mais n> ius causerons ce soir.

LENGLUMÉ, à part.

La nuit sera orageuse !... Il faudra que je me fasse pardonner !

On entend ronfler clans l'alcôve.

TOUS

Qu'est-ce que c'est ?

LENGLUMÉ

Sapristi !... est-ce que j'aurais ramené un troisième labadens ?

Justin ouvre les rideaux de l'alcôve. On aperçoit Mistingue couché tout habillé sur le lit.

TOUS

Encore lui !

LENGLUME.

Ah çà ! il ne sortira donc pas de mon lit ? Donnemoi ma canne !... (Se ravisant.) Ou plutôt non !... ne le réveillons pas... Justin !

JUSTIN

Monsieur ?

LENGLUMÉ, montrant Mistingue.

Tu vois bien ce colis... dès que nous serons partis... tu lui colleras dans le dos une étiquette, avec cette inscription : Cuisinier pour Brunswick. — Fragile. Après quoi, tu le déposeras à la gare de Strasbourg... bureau des marchandises... Aies-en bien soin... c'est un labadens !

CHŒUR

AIR de Mangeant.

Ah ! rions des suites De notre frayeur ; Nous en voilà quittes, Enfin, pour la peur !

LENGLUMÉ, au public.

AIR : Tu n'as pas vu ces bosquets de lauriers.

Tous nos forfaits doivent vous étonner ; Mistingue et moi, nous sommes sans malice. Ne soyez pas prompts à nous condamner, Et pesez bien tout dans votre justice.

Nous désirions, nous osions espérer, Vous faire rire au gré de votre attente. L'intention est à considérer ; Aussi, messieurs, nous venons implorer La circonstance atténuante.

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