ACTE II — SCÈNE III
COLLADAN.
Oui... oui... j'aime assez ça... je ne sais pas ce que c'est, mais j'aime assez ça !
Il y a des truffes là dedans...
BENJAMIN
Oui... oui...
CHAMPBOURCY, à Cordenbois.
Combien ?
CORDENBOIS.
Deux francs...
CHAMPBOURCY.
Ça n'est pas cher.
COLLADAN.
Ça n'est pas cher...
CHAMPBOURCY, bas, aux autres.
J'ai eu bon nez de vous conduire ici... les prix sont très raisonnables. (Haut, au garçon.) Vous nous donnerez une terrine de Nérac.
BENJAMIN
Bien, monsieur... et après ?
CHAMPBOURCY.
Après ?... ii nous faudrait quelque chose d'extraordinaire... d'imprévu... de délicat...
COLLADAN.
Oui... oui... pas de charcuterie !
CORDENBOIS, qui consulte la carte.
Attendez !... je crois que j'ai trouvé. (Lisant.) Tourne-dos à la plénipotentiaire.
TOUS
Ah !
CHAMPBOURCY.
Qu'est-ce que c'est que cela ?
LÉONIDA.
Qu'est-ce qu'il y a là dedans?...
BENJAMIN
C'est un plat nouveau... ce sont des déchirures de chevreuil saisies dans la purée de caille et mariées avec un coulis d'anchois, d'olives, d'huîtres marinées, de laitues, de truffes.
COLLADAN.
Mâtin ! que ça doit être bon !
CORDENBOIS.
Je vote pour ça !
TOUS
Oui... oui...
CHAMPBOURCY, au garçon.
Tourne-dos à la plénipotentiaire... soigné !
BENJAMIN
Bien, monsieur.
LÉONIDA.
Je demanderai une petite chatterie pour les dames.
Oh ! oui !