ACTE II — SCÈNE IV
LÉONIDA.
Lis cette lettre... que j'ai reçue hier à La Fertésous-Jouarre.
CHAMPBOURCY, ouvrant la lettre.
Signé X... qu'est-ce que c'est que ça, X ?
LÉONIDA.
C'est M. Cocareî... un intermédiaire obligeant...
CHAMPBOURCY.
Ah !... le cornac !
LÉONIDA, blessée.
Cornac !
CHAMPBOURCY, lisant.
« Mademoiselle... venez vite !... j'ai votre affaire... un homme dans une haute position, brun, gai, bien portant ; l'entrevue aura lieu demain soir à huit heures... »
LÉONIDA.
C'est aujourd'hui !
CHAMPBOURCY, lisant.
« Dans mes salons, rue Joubert, 55... Soyez exacte, et faites-vous accompagner d'un peu de famille... » (Parlé.) Il faudrait lui écrire que nous sommes à Paris.
LÉONIDA.
C'est fait... Hier au soir, comme je ne pouvais dormir, je lui ai fait passer une dépêche...
CHAMPBOURCY.
Quarante sous I... tu vas bien, toi !
! Ê< iNIDA.
Théophile... puis-je compter sur ton bras pour m'accompagner ?
CHAMPBOURCY.
Certainement... je ne suis pas fâché de voir ça...
nous irons tous !
LÉ< iNID \.
Comment ! M. Cordenbois et M. Colladan ?
CHAMPBOURCY.
Nous ne leur dirons pas le motif... ça corsera la famille...
LÉONIDA, avec sentiment.
Avant peu... il faudra nous séparer... (Elle l'embn ) Oh ! dis-moi que tu ne m'en veux pas !
Moi ? (Lui prenant la main.) au contraire, chère enfant !... et, s'il faut te le dire, ça me fait plaisir...
LÉONIDA.
Comment ?
CHAMPBOURCY.
Oui... parce que, depuis quelque temps... sans t'en apercevoir... tu deviens aigre, quinteuse, rageuse, insupportable...
LÉONIDA.
Par exemple !...
CHAMPBOURCY.
Du monde !... nous reprendrons cette conversation...