ACTE II— SCÈNE X
CHAMPBOURCY.
C'est-à-dire que nous ne voulons pas qu'on nous écorche...
LÉOXIDA.
Du melon à dix francs la tranche...
COLLADAN.
Il y en a douze... ça met le melon à cent vingt francs.
LE GARDIEN
Voyons, la carte ?
Benjamin la lui remet.
CHAMPBOURCY.
Mais c'est une forêt de Bondy, que leur carte... ils cachent les zéros ! ils ont l'infamie... (En gesticulant,
il agite son parapluie, une montre s'en échappe et tombe à
terre.) Tiens ! qu'est-ce que c'est que ça !
TOUS
Une montre !
LE GARDIEN, la ramassant.
A qui appartient cette montre?
CHAMPBOURCY.
Ce n'est pas à moi...
Ni à moi.
LE GARDIEN, l'examinant, à lui-même.
La chaîne est brisée... cette montre a été volée. (Haut.) Comment cette montre se trouve-t-elle dans votre parapluie ?
CHAMPBOURCY.
Je n'en sais rien...
BENJAMIN, bas, au gardien.
Fouillez-les... ils ont bien d'autres choses dans leurs poche .
11 remonte.
LE GARDIEN
Hein ? (A pari.) Cette montre... ce refus de payer... (Haut.) Allons, suivez-moi, vous vous expliquerez au bureau.
COLLADAN.
Quel bureau ?
LE GARDIEN
Au bureau de police...
TOUS, avec effroi.
Au bureau de police ?
LE GARDIEN, au garçon.
Venez aussi avec votre carte : on vous payera là- bas.
BLANCHE, passant effrayée.
Oh ! papa, qu'est-ce qu'on va nous faire ?
CHAMPBOURCY.
Ne crains rien, ma fille, l'homme intègre ne craint pas de se présenter devant la justice de son pays... Marchons !
TOUS
Marchons !
ENSEMBLE
LÉONIDA, CHAMPBOURCY, BLANCHE et COLLADAN.
Rendons-nous tous au bureau de police, Et dans ce lieu, par d'autres redouté,
Nous allons, grâce à la justice, Reconquérir bientôt la liberté !