ACTE IV — SCÈNE VI
BLANCHE, apercevant la cheminée.
Ah ! du feu !
-'approche de la cheminée avec Léonida.
CHAMPBOURCY.
Enfin nous sommes libres !
Oui... il faudrait voir maintenant à manger un morceau... nous n'avons pas dîné.
Il remonte vers la cheminée.
CHAMPBOURCY.
Et avec quoi ? ils ne nous ont laissé absolument que nos mouchoirs.
JOSEPH, s'approchant.
Que demandent ces messieurs ?
CHAMPBOURCY, apercevant le plateau.
Tiens ! des brioches !
COLLADAN.
Des brioches !
Les femmes se lèvent ; pendant ce qui suit, Champbourcy prend des brioches sur le plateau, en passe derrière son dos à Colladan, qui en passe à Léonida, qui en passe à Blanche. Colladan en met dans ses poches ; tous mangent.
CHAMPBOURCY, à Joseph.
Mon ami... veuillez dire à M. Cocarel... que M. Champbourcy de La Fer té-sous- Jouarre est arrivé...
LÉONIDA.
Avec sa sœur, mademoiselle Léonida...
COLLADAN.
Et M. Colladan, également de La Ferté-sousj ouarre.
JOSEPH, à part.
Ils ont de bonnes têtes ! (Haut.) Je vais prévenir monsieur...
Il veut sortir.
COLLADAN, s'accrochant vivement au plateau.
Le plateau ! laissez le plateau !
JOSEPH
Mais non, monsieur ! il faut que je le fasse circuler...
11 se dégage avec son plateau et sort par le fond.
COLLADAN.
Puisqu'il circule nous le retrouverons.
Ils se groupent tous près de la cheminée. CORDENBOIS, entrant de droite. A part.
Diable d'odeur !... dans le salon, je me suis approché d'un monsieur, il a reniflé et il a dit : « C'est drôle ! on dirait qu'il y a une fuite de gaz... » C'est ma benzine.
CHAMPBOURCY, l'apercevant.
Cordenbois !
CORDENBOIS.
Champbourcy !
TOUS
Lui!
CHAMPBOURCY.
Vous, ici... Vous connaissez donc Cocarel ?
CORDENBOIS, embarrassé.
Oui !... un ami... un vieil ami de vingt ans.
C'est aussi le mien...